Des banderoles aux messages clairs et des drapeaux libanais, hier, à Riad el-Solh. Photo Marwan Assaf
Hier, au Parlement, et pour la vingtième fois consécutive, le défaut de quorum a nécessité un nouveau report de l'élection présidentielle dans l'indifférence générale. Ou presque. Un sit-in place Riad el-Solh est venu rappeler aux députés qu'ils ont failli une nouvelle fois à leur mission : un nombre d'organisations de la société civile, beaucoup d'entre elles féminines, ainsi que les membres du Rassemblement spirituel du Mont-Liban (des religieux de différentes communautés), ont manifesté pour revendiquer l'élection immédiate d'un président de la République, ainsi que des élections législatives. La ministre Alice Chaptini s'est jointe au groupe.
Les banderoles brandies par les manifestants comportaient des slogans qui déplorent la vacance présidentielle et exhortent les députés à mettre un terme à leur absentéisme. Les discours prononcés allaient dans le même sens. Ghassan Bou Diab, l'un des organisateurs du sit-in, s'est demandé « s'il n'est pas temps que toutes les forces vives réclament en cœur l'élection d'un président ».
La ministre Alice Chaptini s'est félicitée de la participation féminine au sit-in, espérant que la prochaine séance d'élection présidentielle sera la bonne. Raymond Abou Daoud s'est demandé « si notre prétendue démocratie n'est pas en réalité » une dictature milicienne communautaire vouée à la seule mission d'assurer les intérêts de ses maîtres. « Nous ne voulons pas d'une République qui gère les crises des autres sur notre sol » , s'est écrié Mohammad Zayat. Ali Mrad a estimé que la vacance présidentielle est une menace pour la stabilité du Liban et la pérennité de ses institutions. « Nous craignons que la vacance présidentielle ne soit le prolongement des crises politiques, sociales et sécuritaires », a déclaré Nada Zaarour.
Pour leur part, les avocats du Barreau de Beyrouth ont interrompu leur travail durant dix minutes hier, dans les tribunaux et les différentes administrations judiciaires, en signe de solidarité avec la société civile dans sa démarche en faveur d'une élection présidentielle rapprochée.


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