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Nos lecteurs ont la parole - Sylvain Thomas

le printemps est de nouveau là !

Un vent frais balaie le ciel. La nature aligne sur terre des fleurs aux formes différentes et aux multiples couleurs : les tulipes, bien droites sur leurs tiges rigides, les marguerites jaunes et blanches à travers champs, jardins et pelouses. Et voici que l'on perçoit les premières notes du printemps.
Le printemps est là, c'est une belle dame échauffante et pleine de clarté. Elle ne se laisse ni fléchir ni s'obscucir. Elle est là, elle apparaît comme la plus éblouissante et la plus jeune des saisons ! La beauté parfaite n'est-elle pas en droit de se faire attendre, et avec quelle impatience ?
Sa présence enivre les créatures et toute la création. Le cœur des jeunes gens bat plus vite et leur esprit se brouille. Les feuilles mortes des rosées de l'an dernier battent des mains contre la palissade, un petit escargot dresse son périscope. Un hamster tout heureux collectionne patiemment la nourriture de sa demeure.
Un petit garçon se promène à travers les champs proches de sa maison, s'emplissant les yeux en regardant cette renaissance. La terre est élastique sous ses pas comme du caoutchouc mousse. L'herbe sauvage pointe vers lui son doigt recourbé. Le gazon a reverdi et les branches nues des arbres tracent sur le fond de nuages cotonneux tout un réseau de veines sombres. Niché entre ses rives de glaise rouge, le ruisseau court de la montagne en faisant des glissades sur les grosses pierres lisses et les descentes rocheuses.
Les patins à glace de l'hiver sont suspendus à une poutre du grenier pour l'année suivante. La première mouche de l'année vient se poser sur la table de la salle à manger. On baisse le chauffage d'un degré et l'on ouvre grandes les fenêtres. Le ciel prend une couleur bleue limpide et une volée d'hirondelles viennent se poser sur les branches des arbres.
Le sol boit les sources d'eau à grands traits. Un jardinier émiette entre ses doigts un peu de terre noire et l'examine avec soin. Sur les hauteurs, la neige s'attarde en larges plaques sous lesquelles l'eau ruisselle. Un concert d'oiseaux interprète en roulades la chanson du printemps.
Comme est suave, au matin, l'arôme de la rosée venue s'accrocher sur les fleurs odorantes ! Dans la maison, c'est le branle-bas : on décroche les rideaux, on époussette les corniches, on nettoie et expose les tapis à la véranda au soleil, les femmes, tout affairées, chassent d'un souffle, en faisant la moue, les mèches qui leur tombent sur les yeux.
À la petite fille qui a grandi, le printemps apporte un premier regard attendri et admirateur. Pour le père de famille, sonne au week-end l'heure d'installer sur la pelouse le toboggan et les balançoires. Pour les garçons, il marque le retour des balles et des raquettes, et des disputes au sujet des champions favoris.
Le printemps est partout : à la devanture de la pâtisserie ; près des marchands de barbe à papa ; auprès des jardins publics où des géraniums déplient leurs premiers pétales ; dans la cour de récréation où galopent en tous les sens des ribambelles d'enfants ayant rempli leurs poches de billes ; les cerfs-volants de toute forme et de toute couleur s'étendent et se promènent dans le ciel d'azur. La mer est d'huile avec un panaroma unique et les pêcheurs sont à l'œuvre satisfaits que les vagues ne viennent plus les harceler. C'est la saison où les arbres se dépouillent de leur vieille écorce et où les jeunes pousses se lancent bravement dans la vie. Mais c'est, comme on l'a dit, une belle dame, pleine de charme et toujours à l'heure.

Un vent frais balaie le ciel. La nature aligne sur terre des fleurs aux formes différentes et aux multiples couleurs : les tulipes, bien droites sur leurs tiges rigides, les marguerites jaunes et blanches à travers champs, jardins et pelouses. Et voici que l'on perçoit les premières notes du printemps.Le printemps est là, c'est une belle dame échauffante et pleine de clarté. Elle ne se laisse ni fléchir ni s'obscucir. Elle est là, elle apparaît comme la plus éblouissante et la plus jeune des saisons ! La beauté parfaite n'est-elle pas en droit de se faire attendre, et avec quelle impatience ?Sa présence enivre les créatures et toute la création. Le cœur des jeunes gens bat plus vite et leur esprit se brouille. Les feuilles mortes des rosées de l'an dernier battent des mains contre la palissade, un petit escargot dresse...
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