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Nos lecteurs ont la parole - Sissi Baba

Uruk existera toujours...

Il n'y a pas de mots qui puissent décrire la violente et insensée catastrophe qui a eu lieu au musée de Mossoul en Irak. Les mots se sont tus, l'humanité se tue elle-même et notre monde chute de jour en jour dans les ténèbres du fanatisme et de la violence régnés par les dieux de la haine et de l'ignorance.
Pas de mots. Pas de réaction. Les médias diffusent des vidéos atroces ; et la scène se déroule tranquillement devant les spectateurs. Sauf que ce jeu n'est ni théâtral ni bienséant. Il est réel et choquant. L'on se demande toujours pourquoi les États forts n'arrivent pas à faire face à Daech et à ses cruautés. Ceci n'est pas du théâtre, et l'on ne doit pas rester un spectateur passif !
Pas de réaction, et l'humanité s'est divisée en deux parties : il y a l'acteur farouche (le fanatique et le politicien) qui s'acharne sur une violence à la fois crue et cruelle. Et il y a le spectateur lâche qui regarde la monstruosité sans essayer même de la condamner.
L'humanité retombe malheureusement dans le gouffre et l'on n'apprend rien de l'histoire : les autodafés et les destructions des vestiges qui reflètent mille et une civilisations se détruisent en un clin d'œil et toutes les religions, au fil des siècles, ont commis cette même erreur.
Mais quand l'homme détruit la civilisation d'un autre homme, il se détruit lui-même. Ainsi, nous passons de la destruction à l'autodestruction. La région dans laquelle on vit devient de plus en plus cannibale au niveau de la chair, de la culture et même au niveau de la croyance. Si Dieu a créé l'homme, on doit alors vénérer la créature aussi bien que le créateur. Donc, en tuant l'homme, on tue Dieu.
Depuis que les religions ont existé, les guerres les ont côtoyées. Mais ces dernières deviennent atroces davantage : on transforme en ruines les ruines de l'humanité ! Anu, père des dieux, pleure ses compagnons, Shamash, dieu du soleil, ne brille plus, et Inanna, déesse de la fertilité et de l'amour a rendu la terre d'Irak et de l'Orient maudite, stérile et déserte d'amour.
Le Levant, berceau des religions, se détruit au nom de ces mêmes religions. Et les malédictions des dieux déshonorés vont nous poursuivre à jamais. Fallait-il, en suivant à l'extrême une religion en détruire une autre ? Les « fidèles » religieux ont apparemment pour vrai dieu l'hypocrisie et la domination bestiale.
Il était un temps où la vérité absolue se manifestait par le polythéisme. Comment, et de quel droit alors, les monothéistes d'aujourd'hui en général et les musulmans fanatiques en particulier considèrent leur religion comme la doctrine la plus sacrée, la plus vraie, et la plus absolue ?
Il viendrait peut-être un temps où tous nos dogmes seront renversés ! Car, enfin, qui peut savoir et connaître la vérité absolue ?
Alors qu'on est au XXIe siècle, je préfère de loin prier et invoquer Ishtar, déesse de l'amour charnel – une statue immobile mais plus que vivante car elle reflète les mains et le travail de mes ancêtres –,
que d'invoquer un dieu de haine.
Certains préfèrent blâmer l'homme au lieu de blâmer Dieu. Certes, l'homme va dans l'extrême depuis que la consommation machinale de la religion a existé : on pratique sans compréhension ni interprétation. On suit littéralement ce qui est écrit dans des textes « sacrés » alors qu'ils ne sont pas du tout atemporels ;
des textes qui ordonnent à l'homme d'être bestial envers son frère. Comment croire en de tels textes ? Et qui pourrait-on alors blâmer ? Dieu, d'avoir créé les religions qui, depuis leur naissance, ont déclenché les guerres ? L'homme, d'avoir créé une religion et un dieu monstrueux à son image, ou peut-être d'avoir bêtement utilisé, pour moyen, un dogme religieux afin de parvenir à une fin politique ?
En tout cas, là où il y a l'homme barbare qui se détruit, il y en a un autre qui crée, à son image, la beauté et l'amour. Ce sont les hommes et les femmes qui se reconstruisent en reconstruisant un texte, un livre, une statue et surtout un musée car « le musée transforme l'art en objet », dit André Malraux.
Le temps de mourir n'est pas encore venu. Le dieu de la mort Nergal n'a rien à faire avec le Moyen-Orient pour le moment. Comme nos ancêtres, on ne peut pas mourir sans laisser de belles traces. On va tout reconstruire car la reconstruction, même si elle se fait verbalement, elle aura des conséquences concrètes et propagera les ondes positives.
Se tuer et se taire... ceci n'est pas notre affaire. On suivra fidèlement les pas et les traces de Gilgamesh qui, obsédé par l'immortalité, n'a pas voulu mourir avant d'achever la construction d'Uruk, sa ville bien-aimée. Parce que l'architecte ou le sculpteur s'immortalise par ses belles statues, l'artiste par ses œuvres, l'humanité par ses musées et le créateur par sa créature, et non pas l'inverse !
Dieu ne sera peut-être pas notre ennemi. Mais il faut que l'éveil et le réveil religieux se fassent. Il faut que l'autre moitié de l'humanité se réveille du coma religieux et passif.
Il serait beau de prier Dieu au Vatican et à La Mecque. Sauf que la divinité est en métamorphose et incarnation continues. Et ses paroles aujourd'hui sont murmurées par les magnifiques statues de quelques dieux qui se tiennent toujours debout, défiant toute violence dans un temple abandonné où brûlent toujours l'encens et une lueur d'espoir... où brûle encore la foi, la foi en l'homme et en son immortalité. Faisons des œuvres d'art et des statues à l'image de Dieu l'amour et mettons-les dans les musées car « le musée est le seul lieu du monde qui échappe à la mort ».

Il n'y a pas de mots qui puissent décrire la violente et insensée catastrophe qui a eu lieu au musée de Mossoul en Irak. Les mots se sont tus, l'humanité se tue elle-même et notre monde chute de jour en jour dans les ténèbres du fanatisme et de la violence régnés par les dieux de la haine et de l'ignorance.Pas de mots. Pas de réaction. Les médias diffusent des vidéos atroces ; et la scène se déroule tranquillement devant les spectateurs. Sauf que ce jeu n'est ni théâtral ni bienséant. Il est réel et choquant. L'on se demande toujours pourquoi les États forts n'arrivent pas à faire face à Daech et à ses cruautés. Ceci n'est pas du théâtre, et l'on ne doit pas rester un spectateur passif !Pas de réaction, et l'humanité s'est divisée en deux parties : il y a l'acteur farouche (le fanatique et le politicien) qui...
commentaires (3)

Intéressante cette envolée lyrique....mais au cas , où dieu n'existerait pas...? puisque après tout , ce n'est qu'une invention de l'homme depuis la nuit des temps ... il y a tout de même plein de dieux... qui sont disponibles pour vous rassurer peut-être.....

M.V.

17 h 40, le 26 mars 2015

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Commentaires (3)

  • Intéressante cette envolée lyrique....mais au cas , où dieu n'existerait pas...? puisque après tout , ce n'est qu'une invention de l'homme depuis la nuit des temps ... il y a tout de même plein de dieux... qui sont disponibles pour vous rassurer peut-être.....

    M.V.

    17 h 40, le 26 mars 2015

  • LES FANATIQUES TARÉS DÉTRUISENT... LES PHOTOS DE CES OEUVRES D'ART ANCIENNES EXISTENT ET ON LES RECONSTRUIRA !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 50, le 25 mars 2015

  • Le religieux n'est pas devenu croyant, il l'a toujours été. De son côté l'immuabilité et la perfection immobile. Du côté des ennemis, la volte face, l'inconsistance. Et il n'a pas été toujours religieux, il l'est devenu ! Cette fois, la volte- face est de son côté mais a retourné son caractère immoral et s'appelle désormais : "se corriger". Mais, côté mécréants, l'immuabilité a perdu son caractère moral ; devenant l'incorrigibilité ! Demeurer sur place ou faire volte-face, l'une et l'autre sont choses morales, ou immorales ; chose morale de son côté, immorale du côté de l'ennemi. L'ignorance passe pour un défaut. Que l'on voit alors comment la baguette magique de cet individu change un minus de l'intelligence en un + de la morale ; donc son accommodement moral. Le langage de la raison ayant été toujours "indigeste" pour lui, lui qui n'est pas retombé dans la prétention immorale ; celle de ces "laïcs" ; de jamais trop se prévaloir de ce même langage de la raison, pas + qu'on n'a entendu dire que des ruraux d'ici se sont prévalus d'1 langage Per(s)cé. Or, l'attitude morale consiste à éviter l'occasion de l'attitude immorale, et comment pourrait-on mieux se protéger de la tentation immorale de se prévaloir d'1 langage, qu'en ayant la prudence de pas le piger. Lui qui ne sait rien de la raison, n'a donc pas fréquenté l’école laïque ou les musées. Son école, c'est "le bon sens" ! Et, contre le danger moral de renier 1 école, il n'y a pas de moyen + éprouvé que de n'y pas aller !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 09, le 25 mars 2015

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