Révolte, rébellion, insurrection, ainsi peut-on définir le ou les printemps arabes et leurs manifestations différentielles dans divers pays du Moyen-Orient. En Tunisie, en Égypte et en Libye, l'instauration de manière irréversible d'un ordre nouveau supposé issu d'une révolution ressemble à un coup d'État.
En Syrie, avec plus de deux cent mille morts, ni vainqueur ni vaincu, ce jour, une chose est certaine, le spectre de la guerre civile syrienne pèse lourd uniquement sur le Liban.
Un Liban où le laxisme de nos dirigeants est effarant. Le 8 et le 14 Mars ont fait faillite. Les deux principaux leaders chrétiens qui veulent se réconcilier après plus d'un quart de siècle pour que l'un deux devienne président est choquant, car ces deux hommes n'ont pas encore compris malheureusement qu'ils sont dépassés par le temps et l'espace et qu'ils sont devenus impopulaires. Que pouvons-nous espérer de mieux? Quel est le pire à imaginer? Combien faudra-t-il du temps à ce pays égaré sans chef d'État pour s'inventer un avenir démocratique loin de ce système tribal, surtout que notre Parlement est devenu lui aussi une propriété privée avec des lois et des lois qui traînent et qui traînent? Idem pour le gouvernement, avec tant de questions qui nous hantent nous les Libanais. Tout marche de travers y compris le temps qui, lui aussi, est devenu, comme nos responsables, lunatique.
Enfin, il nous reste à signaler que grâce à notre foi qui, à maintes reprises, nous a souvent aidés, espérons en ce beau mois de Pâques que le ciel sera clément cette fois aussi et sauvera notre cher pays du Cèdre du monde de l'oubli.
Antoine SABBAGHA

