Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, a lancé une virulente attaque contre l'Iran et le Hezbollah, soulignant, d'une part, que le mini-État du parti chiite entrave l'édification de l'État central et que, d'autre part, le Moyen-Orient est le théâtre d'une « très forte expansion iranienne qu'il ne saurait supporter ».
M. Geagea a tenu des propos en ce sens dans une interview diffusée sur YouTube, accordée à un journaliste saoudien. « Nous nous trouvons face à une très forte expansion iranienne au Moyen-Orient, a notamment déclaré le leader des FL. Or le Moyen-Orient n'est pas en mesure de supporter une telle expansion car celle-ci provoquera des réactions dont nul ne peut prédire la portée. »
Abordant la conjoncture sur la scène locale, M. Geagea a déclaré, en réponse à une question sur la possibilité de l'émergence d'un État, à brève échéance, au Liban et dans les pays arabes : « Au Liban, l'émergence de l'État est très proche car l'État a conquis la pensée et la conscience de la plupart des citoyens. Ce qui entrave actuellement l'édification d'un État, c'est un seul facteur qui ne saurait durer indéfiniment. Il s'agit de la présence du Hezbollah en tant que mini-État au sein de l'État. »
En réponse à une question sur la nature de ses rapports avec le parti chiite pro-iranien, le leader des FL a déclaré : « Nos relations avec le Hezbollah ne sont pas des relations d'adversité. Nous sommes opposés à la ligne de conduite politique du Hezbollah qui a des liens étrangers aux antipodes de notre vision du Liban et de ses relations extérieures. Il y a donc une rivalité politique entre deux projets politiques radicalement différents. »
M. Geagea a déclaré en outre que l'État libanais est dans son essence un État civil. « L'État libanais ne fonde pas ses lois et sa législation sur l'Évangile ou le Coran, mais sur les besoins de la société et sur la législation en vigueur dans d'autres pays », a-t-il affirmé sur ce plan.
Par ailleurs, le leader des FL a souligné que les Forces libanaises sont un « parti laïc qui a une base chrétienne mais des aspirations laïques ». Et de relever, en conclusion, qu'il est « encore très tôt pour abolir le confessionnalisme politique ». « Il faut d'abord édifier une société civile afin de parvenir à un État civil, a déclaré M. Geagea. Nous ne pouvons pas construire un État civil alors que la société ne revêt pas un caractère civil. Si nous cherchons à abolir le confessionnalisme politique, il faudra auparavant abolir le confessionnalisme. »


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09 h 57, le 24 mars 2015