Opel, filiale européenne du constructeur américain General Motors, a annoncé son intention de se retirer du marché russe, où ses ventes se sont effondrées.
Les perspectives sur le marché russe « ne sont pas bonnes, non seulement à court terme, mais aussi à moyen et long terme », a justifié le patron d'Opel, Karl-Thomas Neumann, dans une interview au journal allemand Handelsblatt. Dans un communiqué diffusé peu de temps après, Opel a précisé que les marques Opel et Chevrolet allaient se retirer du marché russe, complètement pour la première et à l'exception de certains modèles ciblés pour la seconde. À l'avenir, « GM va se concentrer sur le segment premium du marché russe », précise le communiqué, à savoir les marques Cadillac et une poignée « d'icônes américaines » de Chevrolet. M. Neumann a insisté auprès du Handelsblatt sur l'objectif de la filiale d'inscrire des bénéfices à l'horizon 2016. Les 70 000 voitures qui devaient être vendues en Russie cette année seront écoulées sur d'autres marchés européens, a-t-il assuré.
Cette décision du constructeur automobile va se traduire par la fermeture de son site de Saint-Pétersbourg, qui compte un millier de salariés, d'ici à la mi-2015, de même que la fin d'un partenariat avec le russe GAZ pour la fabrication de Chevrolet. L'usine de Saint-Pétersbourg avait été inaugurée en 2008 et représente un investissement de 300 millions de dollars pour une capacité de production de 60 000 véhicules. Elle produit actuellement la Chevrolet Captiva, la Chevrolet Cruze, l'Opel Antara et l'Opel Astra, ainsi que des Cadillac.
Opel a en outre indiqué que la décision se traduirait également par une charge de 600 millions de dollars dans les comptes de General Motors, l'essentiel au cours du premier trimestre 2015. Le marché automobile russe s'est effondré ces derniers mois, sur fond de crise en Ukraine, d'économie et de rouble en déroute, avec une chute sur un an de 38 % des ventes de voitures en février, par exemple. Si la plupart des constructeurs réduisent leurs effectifs et appliquent des périodes répétées de chômage technique pour faire face à cette situation, c'est la première fois qu'un grand constructeur décide de quitter le marché russe depuis le début de cette crise.


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