La croissance du PIB réel sera très basse au T1 2015. D'après le nowcast de la Fed d'Atlanta à la date du 17 mars, les données disponibles présagent une hausse du PIB de seulement 0.3 % t/t annualisé. Au même moment, le rythme de création d'emplois est l'un des plus forts de ces dernières décennies. Quel sens faut-il donner à cette situation assez curieuse ? Trois thèses peuvent être avancées.
1. Thèse 1 : une série d'aléas. Deux facteurs se rangent sous cette rubrique. D'une part, des conditions météo extrêmes ayant un impact négatif sur les dépenses et sur la construction de maisons. D'autre part, un long conflit social dans les ports de la côté ouest affectant la chaîne d'approvisionnement et d'exportation.
2. Thèse 2 : la correction du shale oil. Après la chute des prix du pétrole, le secteur extractif a vivement ajusté ses investissements. La Fed d'Atlanta estime que la construction non résidentielle ôterait 0,6 point de croissance au T1, chiffre en ligne avec les précédents historiques de 1985 et 2008. Ces exemples passés suggèrent que la correction pourrait durer encore deux trimestres.
3. Thèse 3 : le franchissement du haut de cycle. L'économie étant arrivée au plein-emploi, elle ne peut que ralentir. Le rattrapage postcrise est achevé et, compte tenu de la faiblesse des gains de productivité, le freinage prévisible des créations d'emploi se traduit par une croissance plus faible.
Cette troisième thèse nous paraît prématurée, d'autant que le policy-mix n'a encore rien de restrictif. La question budgétaire ne fait plus débat. La remontée des taux de la Fed s'annonce graduelle et plus modeste que par le passé. Tout ce qui relève de la thèse 1 est temporaire et se rattrapera sur les trimestres suivants. Quant à la correction pétrolière, elle doit avoir au bout du compte un effet net positif puisque les États-Unis pèsent plus lourd dans la consommation que la production. Il faut peut-être combiner les trois séries d'explications pour approcher la vérité.
Cet article est réalisé par Fidus


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