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Liban

Prise de bec en Conseil des ministres entre Fneich et Rifi

La vacance présidentielle affecte de plus en plus le fonctionnement du Conseil des ministres

Le gouvernement a décidé d’accepter « les candidatures » des chefs de missions diplomatiques nommés au Liban. Photo Ani

Constitutionnel ou pas, le Conseil des ministres se trouve contraint presque à chaque réunion de procéder à des acrobaties pour assurer le bon fonctionnement des affaires publiques. Réuni hier sous la présidence de M. Tammam Salam, il a été confronté à une double problématique : que faire des ambassadeurs nouvellement accrédités au Liban, en l'absence d'un président à qui ils sont censés remettre leurs lettres de créance ? Faut-il les signatures de l'ensemble des ministres ou bien celles de quelques-uns seulement pour que les décrets dits présidentiels entrent en vigueur ?
Pour l'affaire des accréditations, il a été décidé, en dépit des réserves du ministre de l'Économie et du Commerce Alain Hakim, qui a mis en garde contre un procédé anticonstitutionnel, d'accepter « les candidatures » des chefs de missions diplomatiques nommés au Liban, en attendant que ces derniers puissent remettre leurs lettres de créance au nouveau président.
Pour ce qui de la signature des décrets présidentiels, une question soulevée par le ministre des Télécommunications, Boutros Harb, qui a jugé que les textes doivent être signés par l'ensemble des ministres du moment que le Conseil des ministres assume pour le moment les prérogatives de la magistrature suprême, les avis sont restés partagés entre deux camps qui apportaient chacun son lot d'explications, avant que le Premier ministre ne tranche le débat en estimant que tous les ministres peuvent apposer leurs signatures. Il a cependant pris soin de préciser que l'absence d'une ou de deux signatures ne bloque pas le décret.
Tammam Salam n'a pas dérogé à son rituel, réaffirmant, à l'ouverture de la réunion, la nécessité de parvenir à élire un chef de l'État « dont l'absence a affecté négativement l'ensemble des institutions constitutionnelles puisqu'il en est en quelque sorte le chef d'orchestre ».
Avant de s'attaquer à un ordre du jour ordinaire, le Conseil des ministres s'est penché sur l'affaire des Libanais refoulés des Émirats arabes unis, soulevée par les ministres du Hezbollah. Citant son homologue émirati, M. Salam a expliqué que les 70 Libanais expulsés font partie d'un groupe de 5 000 personnes de diverses nationalités, notamment iranienne et russe, qui ont subi le même sort « pour des raisons de sécurité ».
La réunion aurait pu se poursuivre, calme, si le ministre d'État pour les Affaires du Parlement, Mohammad Fneich, n'avait pas reproché à son collègue de la Justice, Achraf Rifi, l'interview que ce dernier avait donnée récemment au quotidien saoudien al-Watan et si ce dernier n'avait pas réagi au quart de tour. Dans cette interview, le général Rifi avait accusé le Hezbollah de blanchir de l'argent et de s'adonner à des opérations de contrebande pour financer ses activités. « Est-ce au nom du gouvernement ou en votre nom personnel que vous vous étiez exprimé ? Vous n'avez pas le droit de lancer ce genre d'accusations en dehors du Liban. Nous faisons partie d'une même équipe gouvernementale, et si vous vous fondez sur des preuves précises dans vos accusations, soumettez-les aux autorités judiciaires », a lancé M. Fneich à l'adresse de son collègue qui a contre-attaqué en reprenant les accusations pour lesquelles il venait d'être critiqué.
« Je vais poursuivre la lutte pour que l'État se remette sur pied, au détriment du mini-État que vous maintenez », a fulminé le ministre de la Justice en déterrant l'affaire du trafic de Captagon et celle des médicaments frelatés dans laquelle le frère de M. Fneich avait été impliqué. « Si un membre d'une famille est accusé de quelque chose, cela ne signifie pas que toute la famille ou le parti le sont aussi », a répliqué Mohammad Fneich. Tammam Salam et le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, devaient intervenir pour calmer la querelle.
Il n'en demeure pas moins que cette question a donné aux ministres un prétexte pour lancer le débat autour des opérations de trafic et de fraude fiscale, dénoncées notamment par le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil.
Le Conseil des ministres a ensuite approuvé son ordre du jour. Il a donné son feu vert à un transfert de fonds des réserves du budget à certains ministères sur base de la règle du douzième provisoire ainsi qu'à l'ouverture d'une école publique secondaire à Deir Ammar (Minieh), portant le nom du commandant Wissam Eid, tué dans un attentat à la voiture piégée le 25 janvier 2008.
Le gouvernement a en outre décidé d'émettre des timbres à l'effigie des héros de l'indépendance, Mohammad el-Fadl, Saadi el-Mounla, Rachid Beydoun, Maroun Kanaan et Henri Pharaon. À la demande du ministère de l'Environnement, il a décrété une journée nationale des tortues de mer, célébrée le 5 mai.

Constitutionnel ou pas, le Conseil des ministres se trouve contraint presque à chaque réunion de procéder à des acrobaties pour assurer le bon fonctionnement des affaires publiques. Réuni hier sous la présidence de M. Tammam Salam, il a été confronté à une double problématique : que faire des ambassadeurs nouvellement accrédités au Liban, en l'absence d'un président à qui ils sont censés remettre leurs lettres de créance ? Faut-il les signatures de l'ensemble des ministres ou bien celles de quelques-uns seulement pour que les décrets dits présidentiels entrent en vigueur ?Pour l'affaire des accréditations, il a été décidé, en dépit des réserves du ministre de l'Économie et du Commerce Alain Hakim, qui a mis en garde contre un procédé anticonstitutionnel, d'accepter « les candidatures » des chefs de...
commentaires (3)

Un grand merci, Achraf Rîfîh !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

08 h 40, le 21 mars 2015

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Commentaires (3)

  • Un grand merci, Achraf Rîfîh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 40, le 21 mars 2015

  • DES BECS-DE-LIÈVRES POLITIQUEMENT ABRUTIQUES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    19 h 03, le 20 mars 2015

  • "Que faire des ambassadeurs nouvellement accrédités au Liban, en l'absence d'un président de la République à qui ils sont censés remettre leurs lettres de créance" ? C'est simple. Il faut les envoyer chez l'envoyé et successeur de St Maron.

    Halim Abou Chacra

    06 h 02, le 20 mars 2015

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