Le Rassemblement des dirigeants et chefs d'entreprise libanais (RDCL) a organisé un déjeuner-débat autour du thème « Le passage d'une économie traditionnelle à une économie créative ». Les deux hôtes de ce déjeuner-débat étaient les ambassadeurs de Grande-Bretagne, Tom Fletcher, et d'Allemagne, Christian Clages, qui ont exposé l'expérience de leurs pays respectifs dans le processus de transformation vers une économie créative.
Le président du RDCL, Fouad Zmokhol, a prononcé au début de la rencontre une allocution dans laquelle il a brossé un tableau de la conjoncture économique actuelle avant d'aborder le cas de l'économie créative, déclarant notamment à ce propos : « Les économies créatives englobent le cycle de création, de production et de distribution de biens et de services dans lequel le facteur de base est l'utilisation du capital intellectuel. Elles ont comme principe un assemblage entre différents secteurs d'activité qui, traditionnellement, ne travaillaient pas ensemble comme, par exemple, les arts plastiques, les arts visuels, les arts vivants, l'artisanat, la musique, l'édition, le tourisme créatif, la publicité, la création numérique, le marché de l'art et de l'antiquité, l'architecture et l'urbanisme, la gastronomie et le vin, la mode, le design. »
Évoquant le cas spécifique du Liban, M. Zmokhol a déclaré : « L'économie libanaise devrait être perçue comme une économie de niche et non de masse, une économie de qualité, de perfectionnement, de création d'idées, de produits innovants, de concepts, de marque, qui sont les points forts sur lesquels nous devons nous baser. Le Liban devrait être considéré de nos jours comme un ''laboratoire'' économique, commercial, industriel, de service, où l'on crée des idées, des concepts, des produits, des marques, des méthodes de gestion, un ''laboratoire'' où l'on fait des expériences de tout genre pour affronter de grands marchés... Un terrain fertile où l'on crée, on teste, on se perfectionne, on entraîne nos ressources humaines pour exporter par la suite nos connaissances, notre ''know how'', nos idées, nos produits, nos entreprises, vers toute la région et surtout vers de grands marchés potentiels, vers des continents à forte croissance comme le Moyen-Orient, l'Afrique, l'Amérique latine. »
Prenant à son tour la parole, l'ambassadeur Fletcher a souligné que « pour réussir et évoluer, la société a toujours eu besoin de pionniers, des personnes qui ont trouvé des moyens ingénieux de se connecter avec les autres ». M. Fletcher a d'autre part mis en garde contre le fait que la production libanaise est menacée. « Nous avons besoin d'un effort collectif pour sauver la production libanaise, a relevé l'ambassadeur britannique. Cela nécessite des leaders qui ont une vision et des civils qui sont déterminés à réclamer des comptes à ces leaders. » Se penchant sur la situation dans le pays, M. Fletcher a déclaré : « Le peuple libanais veut la sécurité. La Grande-Bretagne est, de ce fait, avec l'armée sur les frontières et aux barrages de contrôle. Le peuple libanais veut des moyens pour réussir. La Grande-Bretagne est donc avec lui dans les classes et dans chaque coin du pays. Le peuple libanais veut de l'espoir et des opportunités. La Grande-Bretagne est donc avec vous dans cette salle. Nous sommes à vos côtés. »
Pour sa part, l'ambassadeur d'Allemagne a souligné que le terme économie créative est un pléonasme, précisant qu'« il n'y a pas de réussite dans le secteur privé sans initiative, sans dynamisme et créativité ». M. Clages a indiqué dans ce cadre que le succès de l'économie allemande est basé sur les petites et moyennes entreprises (PME).
Liban
Zmokhol : Le Liban devrait être considéré comme un laboratoire d’idées et de concepts
OLJ / le 20 mars 2015 à 00h00

