Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, aux côtés du ministre des Finances grec, Alexis Tsipras, hier à Bruxelles. Emmanuel Dunand/AFP
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est inquiété vendredi du manque de progrès dans les discussions sur le financement de la Grèce, alors que le scénario d'une sortie du pays de l'euro refait surface, notamment en Allemagne. « Je ne suis pas satisfait des développements ces dernières semaines, je ne pense pas que nous ayons fait suffisamment de progrès », a déclaré M. Juncker en accueillant pour la seconde fois à Bruxelles le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.
Jouant le rôle de médiateur, l'ancien patron de l'Eurogroupe a pris soin de ne mettre personne en cause, ni le gouvernement de M. Tsipras ni ses créanciers les plus intransigeants, qui perdent patience et n'hésite pas à agiter le spectre d'un « Grexit », une sortie du pays de l'euro. Dans une interview à la chaîne autrichienne ORF, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a été interrogé sur la possibilité d'un « Grexident » – jeu de mots entre le « Grexit » et un accident. « Comme la Grèce est seule à avoir la responsabilité, la possibilité de décider ce qui va arriver et parce que nous ne savons pas exactement ce que font ceux qui sont aux responsabilités en Grèce, nous ne pouvons pas l'exclure », a notamment lancé celui qui incarne depuis des mois le chef de fil du camp des durs face à Athènes.
« Task forces » des deux côtés
« Je suis optimiste sur le fait que nous avons la volonté politique de trouver des solutions à nos problèmes. Avec la volonté politique, tout est possible », a estimé le Premier ministre grec, récoltant un « oui » franc et massif de M. Juncker.
Un accord a été trouvé fin février entre la Grèce et ses créanciers (UE, BCE et FMI) pour prolonger jusqu'à fin juin son programme de financement en échange de réformes. Pour obtenir le versement de la tranche de 7 milliards d'euros suspendue depuis des mois, le gouvernement doit détailler et faire valider toute une série de réformes d'ici à fin avril. Mais le processus a pris un retard considérable malgré les besoins financiers pressants du pays, qui doit rembourser plusieurs milliards d'euros au printemps. Le sujet sera abordé la semaine prochaine lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement.
La réunion a également servi à réactiver la « task force » de l'exécutif européen pour qu'Athènes fasse le meilleur usage possible des fonds européens. Le travail sera chapeauté côté bruxellois par le vice-président de la Commission en charge de l'euro, Valdis Dombrovskis. Nouveauté : la Grèce sera elle aussi dotée d'une « task force », qui servira d'interlocuteur à son équivalent bruxellois. Une manière de montrer que les discussions entre Athènes et ses créanciers ne sont plus aussi unilatérales que par le passé, quand les audits menés régulièrement par les bailleurs de fonds étaient vécus comme une humiliation en Grèce.
(Source : AFP)

