L’axe principal de Hasroun a été inondé par les eaux boueuses et fermé à la circulation durant toute la matinée. Photo Bsharri Baytak
8h10 du matin, hier. Les habitants du village de Hasroun (caza de Bécharré), sur lequel tombait la pluie après plusieurs jours de canicule, voient soudain un torrent de boue, de rochers, de cailloux, de branches, de racines d'arbres dévaler la montagne dans une scène apocalyptique.
Fort heureusement l'incident s'est produit après que les bus des deux écoles du village ont terminé le ramassage des élèves et passé la zone touchée tranquillement.
Cette inondation a pour origine un des bassins artificiels aménagés par la municipalité dans un fossé culminant à 1 900 mètres d'altitude sur les hauteurs du village afin de récupérer les eaux de pluie. L'un des murs de consolidation du bassin a rompu sous le poids de l'eau et de la neige, occasionnant une brèche impressionnante qui a permis la fuite de l'eau à grand débit vers le village. C'est l'important volume d'eau accumulée dans le bassin, ajouté à celui de l'eau stockée dans des bassins de béton pour l'irrigation des vergers, frappés de plein fouet et détruits par le torrent, qui ont transformé cette fuite d'eau en un déluge. L'eau a arraché sur son passage des poteaux électriques, des obstacles en métal, des arbres fruitiers de plusieurs vergers cultivés en gradins sur la pente ainsi que des voitures, bloquant l'axe principal reliant le village au reste de la région durant près de quatre heures.
Un grand nombre de maisons ont été inondées jusqu'à un demi-mètre de hauteur, à l'instar de celle de Loulou Bou Nassif, handicapée, bloquée par les eaux marécageuses et secourue in extremis par des jeunes du village. Une fois l'eau canalisée vers la vallée, il ne restait que les débris charriés par le flux torrentiel et la boue en guise de désolant décor sur la voie publique du village.
« Tous les habitants de Hasroun et de la région ont accouru pour porter secours aux sinistrés. Les pompiers de la Défense civile et les secouristes de la Croix-Rouge libanaise ont aussi été dépêchés sur les lieux », rapporte le président du conseil municipal, Léba Awad, reconnaissant. Des bulldozers de la région ont participé au déblaiement de la route fermée à la circulation durant toute la matinée.
Les raisons pour lesquelles le mur s'est effondré ne sont pas claires jusqu'à présent. Mais l'hypothèse la plus plausible, selon M. Awad, serait que la fonte des neiges produite par le vent chaud et poussiéreux qui a balayé la région ces derniers jours aurait augmenté le volume de l'eau au-delà de la capacité de contenance de 30 000 m3 du bassin, entraînant l'affaissement de l'un des murs de consolidation.
Contactés par L'Orient-Le Jour, les secouristes du centre de la Croix-Rouge de Bécharré ont déclaré avoir transporté à l'hôpital gouvernemental de Bécharré un blessé, Charbel Touma, souffrant d'une fracture au niveau de l'épaule après avoir été entraîné par les eaux diluviennes avec son restaurant-conteneur vers le bord de la vallée. « Charbel a heureusement été arrêté par un arbre sinon il aurait fini dans la vallée de Qadisha », explique M. Awad.
Il précise par ailleurs que l'ampleur des dégâts ne peut être estimée pour le moment car plusieurs régions touchées par le sinistre sont inaccessibles en raison de la neige. « Ce sont surtout les agriculteurs qui sont touchés par cette catastrophe. Les élèves qui sont censés être sur le chemin de l'école ont été heureusement épargnés et n'ont souffert que de l'inondation de leurs classes par les eaux boueuses », ajoute-t-il.
Une délégation du Haut Comité de secours envoyée par le Premier ministre, Tammam Salam, à la demande de la députée Sethrida Geagea a effectué une visite des lieux pour évaluer les dégâts.


Ce type d'accident ou de catastrophe arrive dans tous les pays du monde, malheureusement, exemple: le barrage qui avait cédé aux USA, il y a quelques annés..
11 h 45, le 13 mars 2015