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Campus

Bataille « parlementaire » sur la laïcité... à l’USJ

« Pour ou contre la laïcité. » Le sujet en valait la peine. Le débat encore plus. Un face à face entre les étudiants du club de débat de l'USJ et des étudiants français de la Sorbonne, membres de la Fédération francophone de débat (FFD), organisé dans le cadre d'une simulation d'une séance parlementaire.

13/03/2015

«Au Liban, débattre, c'est crier, c'est s'imposer par la force, ne pas écouter autrui. Et c'est surtout ne pas accepter les idées des autres», affirme Élie Ziadé, président de la Fédération francophone de débat (FFD) au Moyen-Orient, dans son allocution lors du lancement des compétitions, le jeudi 26 février à l'USJ. Un débat qui entre dans le cadre du projet de réappropriation de la citoyenneté mis en place suite à la décision du Conseil de l'université de suspendre les élections des amicales d'étudiants. Le club libanais de débat, mieux connu sous le nom de «Rhétorix», voit alors le jour en octobre 2014. Il vise à former les étudiants de l'USJ aux techniques du débat.

Place au jeu
Deux équipes. Huit étudiants: quatre Libanais, issus du club «Rhétorix», qui jouent le rôle du gouvernement défendant la laïcité, face aux étudiants français qui campent, eux, le rôle de l'opposition en faveur d'un État religieux. Leur but: convaincre un jury, formé de l'ancien ministre Ziyad Baroud, l'acteur Samy Khayath, la directrice honoraire de l'Institut d'études politiques, Fadia Kiwan, et Matteo Maestracci, président de la Fédération francophone de débat de la Sorbonne, de la nécessité d'être «pour ou contre un État laïque».
Le «Premier ministre», joué par une étudiante de l'USJ, se lève. Elle prend la parole face au public. Elle aura six minutes pour convaincre le jury, avec une minute «protégée» au début et à la fin de son plaidoyer, qui empêche l'équipe adverse d'intervenir. «Pourquoi la laïcité?, lance-t-elle. Parce qu'elle encourage la liberté des consciences et le droit de l'individu d'avoir son propre système de valeur!» Tantôt huée par le camp adverse pour la déstabiliser, tantôt encouragée par le public, elle poursuit ses arguments.
«Tout est important dans une prestation, explique Élie Ziadé: la parole, le geste, le regard, la prise de position, les arguments convaincants. Toutes ces règles ont été assimilées par ces étudiants lors de leurs entraînements aux formations des débats.» Le «chef de l'opposition» du camp français adverse se lève à son tour. Il attaque. «Ce soir, on vous a menti. L'argumentation du Premier ministre est erronée. Il vous dit: "Tout individu doit mettre sa laïcité avant son appartenance religieuse". Je vous réponds: les gens ont besoin de la religion pour trouver leur repère.»
Les huit débatteurs se succèdent, défendant à tour de rôle leurs positions, en respectant toutefois les règles des débats. «Ils peuvent choisir le ton qu'ils veulent, être sarcastiques, ironiques, mais rester toujours courtois et polis, précise Élie Ziadé. Ils ne peuvent pas interrompre l'adversaire sans autorisation et n'ont pas le droit de discuter avec l'orateur du camp adverse.» Au bout de 40 minutes, le jury se lève pour délibérer et choisir l'équipe gagnante. Et malgré les difficultés à «départager les deux équipes qui ont excellé par leurs prestations», ce sera l'équipe libanaise qui l'emportera «pour les arguments solides et concrets qu'elle a émis» en dépit de «la grande éloquence des orateurs français qui avaient beaucoup plus de facilité à intégrer leur rôle dans la forme, mais pas dans le fond».
Une compétition de débat a été lancée à l'USJ. Elle va permettre de choisir les deux équipes qui iront représenter le Liban au Championnat du monde de débat francophone organisé au mois de mai à
Paris.

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