Les services de la voirie ont « inauguré », hier, le déversement des ordures ménagères dans la baie faisant face à l'hôtel Normandy, avenue des Français.
Les responsables ont ainsi passé outre le tollé général qu'avait suscité, dans les milieux parlementaires ainsi qu'au sein de la population, la décision du ministre de l'Intérieur p.i., M. Nazem Kadri, de faire déposer les détritus dans la baie du Normandy, le dépotoir de Khaldé étant sursaturé d'ordures.
(...) Lundi dernier, M. Kadri avait rendu public un arrêté ordonnant le transport des détritus de l'usine de traitement de La Quarantaine. En cas d'empêchement, en raison de l'état de la sécurité, l'arrêté prévoit le recours à la baie du Normandy. C'est cette dernière solution qui a été retenue par les responsables.
(...) Quoi qu'il en soit, l'administrateur de Beyrouth, M. Mitri Nammar, ainsi que plusieurs députés membres des commissions parlementaires de l'Administration, des Travaux publics et de la Santé sont opposés au déversement des ordures dans la baie du Normandy en raison notamment de la pollution qui ne manquerait pas d'affecter la mer et les quartiers voisins. Ces appréhensions ont été réfutées, hier, par le ministre de l'Intérieur qui a rassuré l'opinion publique au sujet des risques de pollution, affirmant, à ce sujet, que les ordures seront déversées dans une première étape non pas dans la mer, mais sur le terrain en bordure de la baie du Normandy ! « Il faudra plus de huit mois, a indiqué M. Kadri, pour que les détritus atteignent la mer. » (...) Le ministre de l'Intérieur a, d'autre part, affirmé que toutes les précautions ont été prises, sur le double plan technique et sanitaire, pour que le dépôt des ordures dans la région de l'hôtel Normandy n'ait aucun effet néfaste.


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