L'encouragement des « whistleblowers » ne date pas d'hier. On la doit au président américain Lincoln, qui, en 1863, décide de la mise en place d'une procédure de dénonciation des actes frauduleux au sein du gouvernement. Les dénonciateurs récupéraient même jusqu'à 30 % des sommes que l'État américain pouvaient ainsi recouvrer. Mais c'est avec la guerre du Vietman que la dimension politique de ces lanceurs d'alerte prend tout son sens. En 1971, Daniel Ellsberg, un fonctionnaire américain, donne au New York Times quelque 7 000 pages de documents top secrets, connus sous le nom de « Pentagnon Papers ». Ces « papiers » montrent que l'administration Nixon savait que les États-Unis s'engageaient dans « un bourbier ingagnable » en se lançant dans la guerre du Vietnam. Ellsberg a été poursuivi pour vol, conspiration et espionnage, avant que les charges ne soient abandonnées. Plus près du Liban, un lanceur d'alerte a marqué l'histoire : l'Israélien Mordechai Vanunu. En 1986, ce simple technicien a révélé au Sunday Times l'existence du programme nucléaire israélien, en s'appuyant sur les photographies qu'il avait prises de la centrale de Dimona. Enlevé par les services secrets israéliens, Vanunu a été condamné pour trahison de secret d'État. Après 18 ans en prison, à l'isolement, il a été libéré en 2004.
Économie
Lanceurs d’alerte : un concept pas si récent
OLJ / le 11 mars 2015 à 00h05


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