Après la colère qui a entouré le décès, dimanche, de l'enfant Abdel Raouf Mounir Haouli, qui n'avait pas été admis dans deux hôpitaux du Akkar faute de place, c'est le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, qui a fait éclater la sienne hier, lors d'une conférence de presse. Il s'insurgeait contre l'arrestation, pour les besoins de l'enquête, de plusieurs employés des deux hôpitaux, le centre hospitalier el-Youssef à Halba et l'hôpital Rahal. « Nous n'accepterons pas, une autre fois, que des employés d'hôpitaux soient arrêtés, que leur dignité soit bafouée et leur réputation ternie, a-t-il dit. Dans le cas de nouvelles arrestations, nous aurons recours à des mesures d'escalade. »
L'affaire du décès de l'enfant avait ému l'opinion publique et défrayé la chronique, et les mesures prises par le ministère de la Santé en vue d'une enquête sur le terrain ont été accueillies avec satisfaction. M. Haroun a, cependant, relaté une autre vision des événements, selon laquelle les deux hôpitaux en question ne seraient pas aussi coupables qu'ils ne l'ont été dépeints par les médias.
Selon le président du syndicat des hôpitaux privés, donc, au matin du dimanche 1er mars, le père de l'enfant, Mounir Haouli, s'est présenté seul au bureau d'admission du centre el-Youssef. Il est entré à l'hôpital muni d'une demande d'admission signée du pédiatre qui a examiné l'enfant, « mais qui ne comportait aucune indication sur l'urgence du cas ni sur sa gravité », a-t-il dit. Le médecin « avait simplement diagnostiqué une gastro-entérite fébrile », a-t-il poursuivi.
M. Haroun a souligné que le père de l'enfant, quand on lui a annoncé qu'il n'y avait pas de lit disponible, s'est retiré sans un mot et sans sortir l'enfant de la voiture. Le même scénario s'est répété à l'hôpital Rahal, qui se trouve un peu plus loin. « Le père a alors appelé le médecin qui lui a conseillé d'emmener son fils à d'autres hôpitaux, un peu plus loin, a-t-il dit. Mais celui-ci a préféré se faire prescrire un médicament et le ramener à la maison. »
À 19h30, le père de l'enfant a appelé son médecin pour lui annoncer que son enfant semblait aller mieux, a raconté M. Haroun, citant la déposition du pédiatre. Mais il a dû l'emmener une nouvelle fois à l'hôpital el-Youssef vers 22h. « L'enfant y est arrivé en état de mort clinique, a-t-il expliqué. Quand le père a su que l'enfant n'avait pu être réanimé et qu'il était décédé, il a eu une réaction très violente. Il a proféré des menaces et tenté de détruire les équipements. »
Tout en se félicitant de l'enquête qui a suivi le tragique incident, M. Haroun s'est insurgé contre l'arrestation des employés durant l'enquête, « des employés qui n'ont aucun antécédent et sur lesquels ne pèse aucun soupçon, et dont le seul crime était de se trouver à leur poste un dimanche matin ».
« Nous ne sommes les boucs émissaires de personne, a-t-il conclu. Cette campagne programmée menée contre nous par l'administration, les politiciens et les médias n'a aucune justification. Nous accueillons 700 mille cas par an dans les hôpitaux privés, alors que le réseau d'hôpitaux publics a échoué, malgré les investissements de centaines de millions de dollars », a conclu M. Haroun.
Liban - Polémique
Haroun : Nous ne permettrons pas que la dignité des employés des hôpitaux soit bafouée
Le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, a exposé hier sa version des faits qui ont mené à la mort d'un enfant dans le Akkar et à la brève arrestation de plusieurs employés d'hôpitaux.
OLJ / le 06 mars 2015 à 00h00


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