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Quand les étudiants de l’Usek planchent sur la réforme du Conseil constitutionnel

C'est avec beaucoup de zèle que les étudiants de la faculté de droit de l'Usek ont dressé l'inventaire des réformes qui devraient être appliquées au Conseil constitutionnel libanais, quasiment paralysé depuis belle lurette. Et ce, à l'issue de leur expérience dans la clinique juridique de leur département, le semestre dernier.

Maya KHADRA | OLJ
06/03/2015

L'initiative est officieuse. Cela va sans dire. Cependant, fortement convaincus que l'écho de leur voix retentira, un jour ou l'autre, dans les consciences des parlementaires, les étudiants en troisième année de droit à l'Usek n'ont pas hésité à proposer un projet d'amendement de quelques lois relatives au Conseil constitutionnel. Ledit conseil qui, souvent, passe pour un homme malade martyrisé par la suspension de son activité en raison d'un défaut de quorum.

Les réformes
Motivés par une volonté plus que jamais ferme, les étudiants se sont répartis en deux groupes. Les manches retroussées, ils sont prêts à s'atteler à la tâche : trouver les failles dans les lois régissant les fonctions du Conseil constitutionnel et les colmater avec leurs propositions de réforme. La loi visée par l'œil critique des étudiants est la loi 250 promulguée en 1993.
« Notre engagement indéfectible découle de notre indignation face à l'impotence du Conseil constitutionnel à remplir ses fonctions et à jouer le rôle de garde-fou sur la scène nationale », souligne Sarah Zaarour, âgée de 21 ans et en fin de parcours académique. Mettre en branle des projets réformateurs et arrêter la corruption grandissante au niveau des lois pourrait sembler utopique. Néanmoins, « nous avons essayé de garder les pieds sur terre et d'adapter nos propositions à la conjoncture libanaise en gardant un œil sur leur marge d'application », révèle Éva Daccache, 22 ans. Stéphanie Nawfal, 3e année de droit, remarque, quant à elle, que l'adoption de ces réformes permettra d'esquiver des problèmes majeurs, comme la vacance présidentielle.
Ces étudiants soucieux de dépoussiérer la loi 250 du Conseil constitutionnel ont présenté leur projet lors d'un débat public avec des députés issus des différents blocs parlementaires, et ce, au mois de décembre 2014. « Il faut agir plutôt que de désespérer et de se lamenter. Et je pense que les députés ont été surpris par notre intransigeance et notre détermination à chasser le fantôme de la corruption de nos lois », souligne Léa Tannous, étudiante en 4e année de droit.
Le travail, bien peaufiné, de recherche législative et les débats menés entre les différents étudiants en droit se sont inscrits dans le cadre d'un cours intitulé « Clinique juridique ». Ce cours, délivré à la fin du parcours académique des futurs avocats, juges et législateurs du pays, est une « passerelle pour se détacher, un tant soit peu, de la rigidité et du conformisme de l'enseignement académique traditionnel et de donner une dimension pragmatique aux cours », confie le doyen de la faculté de droit à l'Université Saint-Esprit de Kaslik (Usek), le père Talal Hachem. Pour lui, il est temps de changer la mentalité du corps professoral et estudiantin et de les orienter vers de nouvelles approches en lien étroit avec l'actualité. « Les étudiants ont, de surcroît, appris à communiquer entre eux et à échanger leurs idées au moment où le manque de dialogue au Liban, vraie calamité, sévit », poursuit le père Hachem.
Ghada Karam, responsable de la clinique juridique de l'Usek – constituée de 26 étudiants –, affirme que le but de ce cours est de revigorer le sentiment de citoyenneté chez les étudiants et de les encourager à contribuer au bien de la société.

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