C'est en réponse à une question qui lui a été posée en marge de la conférence de presse du lancement du Mois de la francophonie, que l'ambassadeur de France, Patrice Paoli, a répondu, sans le désigner nommément, à l'article publié par le quotidien al-Akhbar, dans son édition de lundi, sous le titre : « Les Français sont naïfs... et ils mentent en plus ! »
Prié de « commenter les propos insultants tenus à son égard dans un quotidien libanais », l'ambassadeur de France a exprimé sa « tristesse », sans manquer de saluer longuement par ailleurs la qualité de la presse libanaise, à laquelle l'article en question aurait dérogé.
« Je pense savoir à quoi vous faites allusion. Ma première réaction, c'est la tristesse », a-t-il ainsi affirmé. « La presse libanaise – nous en avons le témoignage tous les jours – s'est toujours caractérisée, historiquement, et ces derniers mois encore plus sans doute, par sa qualité, son aptitude à l'expression d'idées, à la vie de la cité et au débat. C'est une presse d'une grande qualité qui a toujours montré un très grand attachement à la vie intellectuelle, à la liberté d'expression et à la liberté de la presse », a ensuite relevé le diplomate, avant de se désoler de « tristes exceptions » dans ce paysage. « Malheureusement – et dans tous les pays, c'est pareil – il y a parfois des exceptions. Il est toujours triste de voir que certains préfèrent substituer l'insulte à la réflexion. »
« Ma réaction est donc une réaction de tristesse, d'autant plus que l'insulte s'adresse à un pays et à son représentant, qui sont plus attachés, je pense, que tout autre pays, au Liban, qui l'ont montré historiquement, qui le montrent maintenant. Nous n'avons pas de meilleure preuve que l'action que nous menons. Pour ma part, je réponds toujours calmement, par l'action positive et par la contribution au débat », a-t-il ajouté, avant de rebondir sur le thème de la francophonie pour expliquer ses propos.
« Ce que nous faisons aujourd'hui, avec tous nos amis autour de cette table, avec le ministre de la Culture, avec les ambassadeurs de la francophonie, devant vous, représentants de cette presse qui fait honneur au Liban, c'est travailler ensemble, à animer la relation entre la France et le Liban et plus largement la relation entre tous les pays que nous représentons et le Liban. Nous participons au débat culturel, nous sommes présents dans tous les secteurs d'activité pour soutenir votre pays, politiquement, culturellement et économiquement, pour être aux côtés de nos amis. Je crois que nous ne pouvons en donner de meilleure preuve que ce que nous faisons aujourd'hui, ce que nous allons faire pendant le Mois de la francophonie. »
Rappelons que l'article du Akhbar évoque notamment « une stupidité sans précédent de la France dans la gestion de sa politique étrangère ». S'interrogeant sur « le détournement des deux tiers du don saoudien de trois milliards de dollars US » à l'armée libanaise, l'article critique par ailleurs « la naïveté » avec laquelle la France aborde le dossier syrien, « croyant jouer un rôle hors norme alors que personne n'y prête attention ». L'article minimise dans cet esprit le rôle de l'émissaire français Jean-François Girault, que le président de la Chambre aurait suspecté de « mentir », selon un responsable cité dans l'article. Le président de la Chambre devait toutefois publier hier un démenti dans le quotidien en question. L'article porte enfin une insulte directe à la personne de l'ambassadeur de France.


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Il ne lui a même pas répondu à ce journaleux, car c'est s'abaisser soi-même que de le faire.
14 h 16, le 26 février 2015