En rentrant d'un voyage en Europe fin décembre dernier, j'ai eu le malheur de me sentir contraint d'aller aux toilettes de l'AIB, avant de passer par le guichet de la Sûreté générale. Pourtant, j'avais le pressentiment que j'allais le regretter. Dans les vespasiennes, c'était l'horreur: une atmosphère écœurante de cuvettes sales, engorgées de papier toilette d'où se dégageait une odeur nauséabonde et étouffante. À tel point que je ne savais plus comment sortir en courant, en me bouchant le nez avec mon mouchoir.
À ce moment-là, je croise la femme en charge de l'entretien des toilettes, qui me présente un paquet de papier hygiénique pour me sécher les mains (il n'y en avait pas dans le distributeur), en protestant contre ce scandale inimaginable même dans les pires aéroports du monde. Pour toute réaction, elle me répond: «Mais que faire avec des passagers qui jettent les papiers hygiéniques dans les cuvettes, qui finissent ainsi par s'engorger?» Je lui rétorque: «Et vous, que faites-vous là? Ce que je viens de voir est un scandale. C'est une honte!»
L'aéroport d'une ville représente la première impression qu'un visiteur se fait d'un pays.
Je me demande comment les fonctionnaires et les employés de l'AIB, qui utilisent les mêmes toilettes, se taisent devant un tel scandale. N'y a-t-il donc aucun contrôle sur cette partie de l'aéroport? Où sont les (ir)responsables? Et qu'est-ce que c'est que ce laisser-aller de plus en plus insupportable et cette insistance à nous tirer toujours vers l'arrière et à nous ridiculiser devant le monde? N'allons-nous donc plus jamais sortir de la queue de la liste du tiers-monde? Est-ce là une fatalité à laquelle il faudrait se résoudre?
Je souhaiterais savoir ce qu'en pensent les ministres concernés et, particulièrement, celui du Tourisme!
Parlant de tourisme, et dans l'état anarchique ambiant actuel, nous ne devrions plus y compter beaucoup, car ce que nous avons de mieux à offrir aux quelques malheureux touristes qui s'aventureraient encore à venir visiter notre pays (indépendamment des Libanais qui travaillent dehors et qu'il ne faut pas confondre avec les authentiques touristes), c'est ceci: pollution, circulation chaotique, bruyante et insupportable, nourriture parfois avariée (heureusement que, sur ce plan, la situation commence à s'améliorer, quoiqu'il reste encore beaucoup à faire), insécurité, désordre, indiscipline, arnaque, corruption, etc.
Il est malheureux de constater la triste réalité à laquelle nous sommes parvenus, même dans les choses les plus élémentaires. Mais que faire lorsque la volonté de faire quelque chose est absente? Pourquoi? Ne cherchons pas loin: c'est encore et toujours l'interminable quête du profit malhonnête, rapide et facile qui est le seul ou le principal souci d'une bonne partie de nos politiciens. Cela s'appelle corruption et ça fait mal au cœur.
Élie Michel NASARD


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
NE VOUS SCANDALISEZ PAS TROP ! JE CONNAIS TANT D'AÉROPORTS INTERNATIONAUX... EUROPÉENS MÊME... AUX TOILETTES QUI N'ONT PAS TROP À ENVIER À CELLES DE L'AÉROPORT DE BEYROUTH !!!
10 h 10, le 24 février 2015