On attendait une rencontre annoncée entre le général Michel Aoun et le chef des Forces libanaises Samir Geagea, ce fut un dîner entre le chef du CPL et le chef du courant du Futur !
Selon les proches des deux hommes, la relation entre le général Michel Aoun et cheikh Saad Hariri est basée sur le respect mutuel. Ils avaient appris à se connaître dans le cadre de l'action gouvernementale, et en dépit des divergences, le courant avait passé entre eux. C'est ce qui avait d'ailleurs poussé le général Aoun à tenter d'aboutir à un accord avec le chef du courant du Futur sur les dossiers internes, à commencer par la formation du gouvernement actuel, pour aboutir à la présidence. C'est ainsi en partie grâce aux efforts du chef du CPL que le gouvernement de Tammam Salam a pu voir le jour dans sa forme actuelle. Mais, sur le plan de la présidence, on sait maintenant que les obstacles sont essentiellement venus d'Arabie saoudite et plus particulièrement du ministre des Affaires étrangères, l'émir Saoud al-Fayçal. Malgré cela, les deux pôles ont décidé de maintenir leurs relations, même si celles-ci avaient connu un certain refroidissement. C'est à Riyad, tout à fait par hasard, qu'ils se sont retrouvés dans le cadre des condoléances à la famille royale, pour la mort du roi Abdallah. Sans s'être concertés, Michel Aoun et Saad Hariri se sont croisés dans l'immense salon du palais du roi Abdallah où ses 34 fils (dont le plus jeune a moins de 20 ans) recevaient les invités de marque. Ils ont ainsi décidé de reprendre contact. La commémoration de l'assassinat du Premier ministre martyr Rafic Hariri le 14 février était l'occasion idéale pour cela. Pour la première fois depuis cet assassinat, cheikh Saad a donc envoyé un émissaire à Rabieh pour inviter officiellement le chef du CPL à assister à la cérémonie. L'ancien ministre Ghattas Khoury a d'ailleurs transmis au général Aoun les souhaits de cheikh Saad pour qu'il accepte cette invitation. Pour des raisons de sécurité, Aoun a choisi de se faire représenter par le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil qui a été accueilli chaleureusement avec les honneurs, et il était clair que cette participation serait le prélude à une rencontre de concertations. Le 18 février, Aoun et Bassil se sont donc rendus au domicile de Saad Hariri au centre-ville où ce dernier les attendait. L'accueil était chaleureux et la conversation a naturellement glissé sur les sujets de l'heure. Il s'agissait principalement de voir comment activer l'action du gouvernement actuellement en panne. Aoun et Hariri, ainsi que les autres personnes présentes, notamment le ministre Bassil, l'ancien ministre Ghattas Khoury et le chef de cabinet de cheikh Saad, Nader Hariri, ont évoqué les mécanismes possibles qui assurent un minimum d'efficacité gouvernementale, sans oublier la vacance à la tête de la République, tout en s'inscrivant dans le cadre du respect de la Constitution. Plusieurs hypothèses ont été évoquées, et selon les milieux proches des deux camps, des déblocages seraient envisagés pour la semaine prochaine.
Selon les sources proches du courant du Futur, le dossier présidentiel n'a pas été évoqué parce que Saad Hariri préfère attendre l'issue, ou en tout cas le développement, du dialogue entamé entre le CPL et les Forces libanaises. D'autres sources, dans la même mouvance, sont un peu plus précises et affirment que cheikh Saad n'a pas voulu aborder le dossier, d'abord parce qu'il ne voulait pas plomber l'ambiance, ensuite parce que la situation n'est pas encore claire sur ce sujet. De plus, il considère qu'à l'heure actuelle, la priorité est à l'action gouvernementale, d'autant que des critiques s'élèvent pour dénoncer la formule d'un ministre, un vote, qui fait de chaque ministre l'égal du Premier ministre au niveau de la décision. Face au silence de cheikh Saad, le général Aoun lui aussi n'a pas voulu évoquer ce dossier, considérant que ce n'est pas à lui d'en parler vu qu'il est directement concerné. Le repas achevé, Saad Hariri a créé la surprise en demandant aux serveurs d'amener le dessert, et ce furent deux gâteaux, l'un au chocolat, l'autre à la crème, avec chacun une bougie au centre. Dans un climat très convivial, les convives ont alors entonné un « happy birthday, général », somme toute assez harmonieux, et Aoun a soufflé les bougies. Ces détails peuvent paraître insignifiants, mais ils expriment, en réalité, la volonté des deux parties de jeter les bases d'une relation solide à la fois personnelle et politique qui devrait rapidement porter ses fruits sur le plan de l'action gouvernementale. Aucun des présents n'a voulu entrer dans les détails de la conversation échangée ce soir du 18 février, mais tous se déclarent satisfaits de l'atmosphère générale et de la bonne volonté exprimée par les deux camps. Saad Hariri devrait effectuer un rapide voyage à l'étranger, mais, dès son retour, les concertations devraient reprendre car la priorité de toutes les parties est d'assurer un minimum d'entente pour permettre au Liban de traverser cette période particulièrement délicate.
Liban - Décryptage
Aoun-Hariri, au-delà d’un anniversaire...
OLJ / Par Scarlett HADDAD, le 21 février 2015 à 00h00


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On peut esperer une entente ??????
17 h 24, le 21 février 2015