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Nos lecteurs ont la parole - Noor Hammoud

Hymne d’amour... et d’adieu

Mes valises sont bouclées, les au revoir ont été faits, et je me retrouve seule, après cette dernière journée, à repenser à mes cinq dernières années. Je réfléchis, et c'est les larmes aux yeux que je me remémore tous ces souvenirs, aussi bien ces visages que ces endroits qui ont fait de mon chapitre libanais le plus beau de mon parcours.
Le Liban, si paradoxal, un pays qu'on aime tellement et que, pourtant, nous avons parfois envie de quitter sans même nous retourner. Mais aujourd'hui, je m'en vais, en me retournant à chaque pas. C'est la boule au ventre et les larmes aux yeux que je quitte un pays qui, cinq ans plus tôt, n'était qu'une destination des plus ordinaires pour entamer ma vie d'étudiante. J'étais loin d'imaginer que mon pays, inconnu il y a si peu de temps, allait devenir un véritable coup de cœur.
Beyrouth, la ville où j'ai passé les moments les plus marquants de ma vie, parfois dans la peur et souvent dans la joie... J'ai aimé ce pays pour son peuple chaleureux, spécial et si près du cœur, ces visages inconnus qui sont devenus mon quotidien. J'ai aimé ce pays pour sa diversité, ses soirées étonnantes, ses paysages à couper le souffle. J'ai aimé ce pays grâce aux connaissances que j'y ai fait, à l'amour que j'ai trouvé, à la singularité de ce monde parfois inexplicable. Et pourtant, j'ai détesté ce pays, pour les manifestations étudiantes qui entraînaient la haine ; j'ai détesté ce pays où plus d'une fois je me suis réveillée par le bruit d'une bombe; ce pays où les communautés ne se mélangent pas, où la paix ne s'instaure pas, où le peuple est condamné à vivre « comme ça ».
Mes amis pourront en témoigner, j'ai aimé ce pays et j'étais prête – aussi ridicule que cela puisse paraître – à éprouver pour lui un réel attachement qui explique aujourd'hui la boule au ventre, car je m'en vais, pour de bon.
Je dois rentrer au Sénégal, ce pays qui fait partie de moi, où la situation est stable et la peur quasi inexistante, où le travail est mieux rémunéré, où la méritocratie est une valeur considérable, où chrétiens et musulmans se tiennent la main, où la paix est l'objectif de tous.
Alors oui, je m'en vais pour, certainement, le « meilleur ». Mais le Liban, malgré tous ses défauts, reste ce pays où je reviendrai un jour en montrant à mes enfants tous les recoins de ma jeunesse, en racontant tous les rêves que j'ai faits pour ce pays, en espérant qu'ils se soient réalisés.
«Bhebak ya Lebnan, ya Watani bhebak.»

Noor HAMMOUD
Dakar, Sénégal

Mes valises sont bouclées, les au revoir ont été faits, et je me retrouve seule, après cette dernière journée, à repenser à mes cinq dernières années. Je réfléchis, et c'est les larmes aux yeux que je me remémore tous ces souvenirs, aussi bien ces visages que ces endroits qui ont fait de mon chapitre libanais le plus beau de mon parcours.Le Liban, si paradoxal, un pays qu'on aime tellement et que, pourtant, nous avons parfois envie de quitter sans même nous retourner. Mais aujourd'hui, je m'en vais, en me retournant à chaque pas. C'est la boule au ventre et les larmes aux yeux que je quitte un pays qui, cinq ans plus tôt, n'était qu'une destination des plus ordinaires pour entamer ma vie d'étudiante. J'étais loin d'imaginer que mon pays, inconnu il y a si peu de temps, allait devenir un véritable coup de...
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