Le domaine de la mode doit à ses yeux exprimer l'élégance, l'intemporalité et porter en lui un message plus important. « Les vêtements ne sont finalement rien de plus que des vêtements... », dit-elle. Nadine Trad navigue avec talent et sagesse dans ce domaine qui lui va bien et qu'elle aime surtout car « c'est un reflet culturel et personnel de soi. Je suis très intéressée par la vie, confie-t-elle, par l'être humain et l'expression des choses. Que ça passe par la musique, l'art, la photographie ou la mode. Je sens que nous avons une responsabilité, le devoir de faire de notre mieux, chacun à son échelle, pour aider le monde à s'améliorer ».
Née à Beyrouth, « une chance, précise-t-elle. Je continue de sentir une affinité avec le Liban, malgré tous les remous qu'a vécus le pays. Je suis fière de son histoire, de sa culture et de son énergie », la belle jeune femme a vécu son enfance entre Londres, Bahreïn et surtout Dubaï. C'est à l'American School of Dubai qu'elle découvre le plaisir des cours de littérature, de langues, de photographie, de cinéma et de musique. « Ces années ont nourri ma créativité. » Ses études secondaires achevées, elle s'embarque pour Londres où elle s'inscrit à la Heatherley's School of Fine Art, puis au London College of Communication où elle approfondit le graphisme, la photo et la théorie du cinéma.
Un bref passage dans une agence de publicité, elle choisit alors de s'inscrire à la Chambre syndicale de la couture parisienne et apprend tous les secrets, l'art et la manière de la draperie, la couture et les tissus. « J'y ai acquis un apprentissage à la fois technique et artisanal, en retournant à la source des choses. » En même temps, elle démarre aux studios de Christian Dior, avant d'accumuler des expériences professionnelles variées et « toutes très enrichissantes » auprès de grands noms, entre Paris, Londres et New York : Surface to Air, Celine, Alexander McQueen, Edun, the Kooples et enfin Uniqlo. « Dans chacun de ces arrêts, j'ai appris comment communiquer sur le plan professionnel et personnel. Chacun m'a mené là où je suis aujourd'hui. C'était dur, poursuit-elle, des nuits sans sommeil, une grande fatigue, des délais serrés à respecter, mais il y avait aussi du plaisir. L'essentiel, à mes yeux, est de s'entourer de personnes positives, et j'ai la chance d'avoir ça à Uniqlo. »
Respect et créativité
Sous ce label qui a conquis le monde en très peu de temps avec quelque 1 000 points de vente dans le monde, Nadine Trad a trouvé une page blanche sur laquelle s'exprimer. « Le concept qui m'a interpellé dans la marque, c'est le "fait pour tous". Il ne s'agit pas là de vêtements qui suivent une mode, mais plus d'une garde-robe intemporelle. Sa vision large et pure m'a ouvert les yeux sur une autre manière de travailler. J'espère, poursuit-elle, démarrer un nouveau projet personnel, très bientôt, qui comprend la conception de vêtements sans pour autant se limiter à cet exercice. Je voudrais donner aux clients un choix lorsqu'il s'agit de dépenser leur argent et de définir le genre de consommateur qu'ils sont. Une conscience. Nous devons pouvoir aider les cultures et respecter leur héritage. » Quant à l'art, qu'elle porte en elle comme un langage devenu naturel, Nadine, en toute simplicité et humilité, trouve le temps de faire de la photo, de la peinture et surtout de s'intéresser aux autres, à l'autre. « Il y a tant à faire, tant de trésors dans ce monde, d'éducation à offrir. Il nous faut modifier notre perception et notre état d'esprit, à un niveau collectif... » Résidant à New York, elle n'en oublie pas, comme elle le souligne encore, le Liban. « Je suis très inspirée par l'esprit joyeux et la résurrection de ce peuple qui a vécu des guerres interminables. Et sa faculté à retrouver l'espoir en tirant le meilleur de chaque situation. Le Liban est dans mon cœur. Toujours. »
Pour mémoire
Dans une féerie onirique, l'hommage d'Élie Saab à Beyrouth
Née à Beyrouth, « une chance, précise-t-elle. Je continue de sentir une affinité avec le Liban, malgré tous les remous qu'a vécus le pays. Je suis fière de son...


À JUGER PAR LA PHOTO... LE FOND ET LA FORME... BIEN SÛR !
11 h 34, le 20 février 2015