Saad Hariri en compagnie du commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi. Photo Ani
« Nous sommes prêts à défendre nos frontières, mais dans le cadre de l'État, et nous ne donnerons la décision de guerre ou de paix qu'aux seuls services libanais. » Voilà les mots qu'aurait assénés, selon la chaîne de télévision MTV, Saad Hariri devant ses visiteurs hier, dans une réponse à l'invitation faite par le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah aux Libanais d'aller combattre en Syrie et en Irak.
Des visiteurs parmi lesquels, dans le désordre, le chef du PSP Walid Joumblatt, l'ambassadeur d'Égypte Badreddine Zayed, l'ambassadeur de Russie Alexander Zasypkin, et le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi. La Libye et la décapitation des 21 coptes ont été au cœur de la discussion avec l'ambassadeur Zayed, qui a évoqué la lutte du Caire « contre le terrorisme et en faveur du peuple libyen », ainsi que les relations libano-égyptiennes, que le président Sissi « entend développer ». Quant à M. Zasypkin, il a insisté sur combien Moscou « apprécie » les prises de position de Saad Hariri et sa volonté de « renforcer la coexistence, la modération, la souveraineté, l'indépendance et l'unité du Liban ». L'ambassadeur russe a également réaffirmé la détermination de son pays à soutenir l'armée libanaise, « sur impulsion depuis plusieurs mois du président Hariri. Nous voulons tous que ces accords soient finalisés au plus vite », a-t-il dit, balayant fermement les rumeurs négatives autour de ce sujet. Pressé de confirmer que Saad Hariri ne pose pas d'obstacles à cet armement russe de la troupe, le diplomate a acquiescé : « Les choses vont dans le bon sens. »
Parallèlement, Saad Hariri a présidé la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire du courant du Futur. Les députés sont revenus sur les propos tenus par l'ancien Premier ministre samedi au Biel, des propos « francs et déterminants, notamment en ce qui concerne la modération, l'urgence de combattre le terrorisme et ses racines, l'attachement à l'unité et aux objectifs du 14 Mars, et la poursuite du dialogue avec le Hezbollah sur la base du respect total de l'État » et de ses prérogatives, à commencer par le monopole de la décision de guerre ou de paix. Les députés ont de nouveau insisté sur le nécessaire retrait du Hezbollah de Syrie « afin d'éviter au Liban les répercussions » du conflit voisin.
Et après avoir vivement condamné les tirs durant le discours de Saad Hariri et exigé que les responsables soient poursuivis, les députés du Futur ont condamné dans des termes très vifs la décapitation par l'État islamique de 21 coptes égyptiens en Libye, « un crime barbare contre l'humanité », et présenté leurs condoléances au peuple et au gouvernement égyptiens.
Les députés ont ensuite réaffirmé, pour la énième fois, une autre urgence : celle de voir l'ensemble des parties politiques se consacrer à trouver une solution à la vacance présidentielle et que le gouvernement puisse de nouveau travailler d'une façon constitutionnelle et dans le respect des lois, c'est-à-dire pas comme cela se fait en ce moment.
Les participants ont également dénoncé le « crime raciste » perpétré contre trois étudiants musulmans en Caroline du Nord aux États-Unis, les attentats au Danemark, ainsi que le coup d'État au Yémen.


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