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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

De Paris à Copenhague, une similitude qui effraye l’Europe

Le tireur a été identifié selon des médias comme Omar el-Hussein, un jeune de 22 ans né au Danemark.

Les habitants de Copenhague étaient choqués et voulaient exprimer leur solidarité hier après deux attaques meurtrières menées par un seul homme, qui soulignent la haine d’une frange extrémiste contre la liberté d’expression et les juifs. Claus Bjorn Larsen/AFP

Les similitudes sont frappantes entre les attentats de Copenhague et de Paris, mais il faudra attendre d'en savoir plus sur les motivations du tireur de la capitale danoise pour confirmer un éventuel mimétisme, phénomène redouté par les spécialistes du terrorisme.
La police danoise soupçonne le tueur d'avoir voulu imiter les attentats parisiens. « Je suis frappé par le mimétisme de la séquence, d'abord une attaque contre le symbole de la liberté d'expression, ensuite une attaque contre des juifs, et puis l'affrontement par rapport aux policiers », a relevé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Pour François Hollande, « ce sont les mêmes cibles », et il y a donc « un lien qui n'établit pas un réseau, mais simplement une même détermination des terroristes à frapper ce que nous sommes ».
Comme les frères Kouachi qui ont tué à la kalachnikov le 7 janvier à Paris 12 personnes en attaquant Charlie Hebdo, l'hebdomadaire satirique qui avait publié des caricatures de Mohammad, un assaillant a mitraillé samedi à Copenhague un centre culturel où se tenait le débat Art, blasphème et liberté. Y assistait le caricaturiste suédois Lars Vilks qui faisait l'objet de menaces et agressions depuis la publication en 2007 d'un de ses dessins représentant le prophète Mohammad avec un corps de chien. De son côté, le réalisateur Finn Nørgaard, 55 ans, qui se trouvait dans l'assistance, est mort atteint au thorax par une des dizaines de balles que l'assaillant a eu le temps de tirer, avant de fuir en voiture. Trois policiers ont été blessés en s'interposant. « C'était la même intention que Charlie Hebdo, sauf qu'ils n'ont pas réussi à entrer », a commenté l'ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray, rescapé de l'assaut. Et comme Amédy Coulibaly qui a tué quatre juifs le 9 janvier dans un supermarché casher parisien, l'assaillant du Danemark s'en est pris ensuite à une synagogue. Il y a mortellement blessé un juif, avant d'être abattu plus tard par la police, comme les forces de l'ordre françaises ont tué les tireurs parisiens, au terme d'une traque plus longue.

Imitation
« Le mode opératoire semble similaire, les cibles aussi, on peut penser qu'il s'agit du même genre de jihad individuel », explique une source proche des forces d'élite françaises. « Il y a des similitudes », acquiesce Jean-Charles Brisard, expert des questions liées au terrorisme, « mais elles relèvent de tendances lourdes qu'on observe depuis plusieurs années ». Parmi elles, « des cibles à haute valeur symbolique » qui remplacent les « attentats aveugles », des « armements de moins en moins sophistiqués » au lieu d'explosifs « dont les terroristes se méfient, car ils sont davantage surveillés par les services de renseignements ». Pour ce spécialiste, ce type d'attaques « nécessite beaucoup moins de préparatifs que les attentats » commis par le passé, ce qui les rend plus difficiles à détecter.
Même si on ignore encore ses motivations, le profil du tireur de Copenhague, identifié selon des médias comme Omar el-Hussein, un jeune de 22 ans né au Danemark, présente aussi quelques similitudes notamment avec Coulibaly : tous deux ont un passé de délinquants qui venaient de sortir de prison. Les tueurs français se réclamaient de mouvements jihadistes, el-Qaëda ou l'État islamique (EI). Les enquêteurs n'excluent pas qu'ils se soient rendus en Syrie, et au moins un des Kouachi est allé au Yémen, autre bastion du jihadisme. Quant à l'assaillant du Danemark, les enquêteurs ne savent pas s'il a été en Syrie ou en Irak mais pensent qu'il « peut avoir été inspiré par la propagande militante islamiste diffusée par l'État islamique ou d'autres organisations terroristes ».
Le Danemark est un des pays les plus concernés par les départs pour le jihad en Syrie en proportion de sa population. Selon la source proche des forces d'élite, le risque « d'imitation » est une crainte réelle des services antiterroristes. « C'est d'ailleurs l'intention des organisations jihadistes : par leurs vidéos de propagande et leurs recrutements sur Internet ils veulent que des personnes se reconnaissent dans les actions comme les attentats de Paris, qu'elles les reproduisent. »

Riyad condamne
Sur le terrain, dans le cadre de son enquête, la police de Copenhague a fait une descente en force hier après-midi sur un cybercafé de Nørrebro, près de l'endroit où le tireur présumé a été abattu. Selon des témoins, plusieurs personnes ont été interpellées.
De son côté, la chef du gouvernement danois, Helle Thorning-Schmidt, qui s'est rendue hier à la synagogue, a rappelé que « personne ne doit pouvoir impunément attaquer la société danoise ouverte, libre et démocratique ». Pour sa part, le Premier ministre britannique David Cameron a dénoncé un « attentat effroyable » contre « la liberté d'expression et la liberté de culte » et la chancelière allemande Angela Merkel « le mépris de la dignité humaine » que trahissent ces attaques. Washington a évoqué une attaque « déplorable » et proposé d'apporter son aide à l'enquête. Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a condamné fermement hier les attentats meurtriers survenus à Copenhague et a appelé à défendre la liberté d'expression et la tolérance. L'Arabie saoudite a quant à elle condamné hier les attaques de Copenhague, samedi, et de Chapel Hill, mardi aux États-Unis, les qualifiant toutes deux de « crimes terroristes » et appelant au « respect de toutes les religions ». En outre, un haut responsable palestinien a condamné hier « dans les termes les plus forts » la double attaque de Copenhague qui a fait deux morts, dénonçant un acte « absolument injustifiable ». « Le terrorisme n'a pas de religion, et nous devons tous êtres fermement unis contre une telle violence », a dit dans un communiqué Saëb Erakat, un responsable de l'OLP et de l'Autorité palestinienne.

(Sources : agences)

Les similitudes sont frappantes entre les attentats de Copenhague et de Paris, mais il faudra attendre d'en savoir plus sur les motivations du tireur de la capitale danoise pour confirmer un éventuel mimétisme, phénomène redouté par les spécialistes du terrorisme.La police danoise soupçonne le tueur d'avoir voulu imiter les attentats parisiens. « Je suis frappé par le mimétisme de la...
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