À l'occasion de la Journée de la femme arabe, le 12 février, la vice-présidente de la Commission nationale pour la femme libanaise, Randa Berry (la présidente est de facto la Première dame du Liban), a tenu à honorer Kaouthar Bcherraoui, une femme de lettres et une grande figure féminine en Tunisie.
Pour Mme Berry, le choix s'est imposé du fait que la femme tunisienne a beaucoup souffert au cours des dernières années et, de toutes les femmes arabes, elle est le fer de lance de la lutte contre les projets extrémistes et takfiristes. Kaouthar Bcherraoui, poétesse et figure médiatisée dans son pays, est devenue le symbole de la lutte des Tunisiennes qui refusent d'être privées de leurs droits et, sur un plan plus large, elle est aussi l'emblème du long combat de la femme arabe pour ses droits et pour occuper un rôle déterminant au sein des sociétés arabes. À travers l'hommage rendu à Mme Bcherraoui, Randa Berry a voulu donc exprimer son soutien à toutes les femmes arabes qui refusent d'être reléguées au Moyen Âge et d'être marginalisées, et montrer qu'en dépit des divergences et des différences, le combat de la femme est le même dans l'ensemble du monde arabe.
Mme Berry a donc donné un déjeuner en petit comité à Aïn el-Tiné en l'honneur de Mme Bcherraoui, en présence de quelques intellectuels et poètes. Elle en a profité pour lui remettre un blason en guise d'hommage à son action, mais elle a aussi lancé un débat sur l'importance du rôle des élites intellectuelles pour redéfinir l'identité arabe, rappeler les priorités et lutter contre les divisions, les esprits totalitaires qui excluent l'autre et déforment l'islam et le monde arabe. Selon Randa Berry, la lutte contre l'obscurantisme ne se fait pas seulement avec les armes. Il s'agit d'un combat culturel, dans lequel sont en première ligne les femmes, mais aussi les élites intellectuelles.
Après le déjeuner, une conférence à plusieurs voix a été donnée au Coral Beach, au cours de laquelle le Dr Rabab Aoun a pris la parole au nom de la Commission nationale pour la femme libanaise, suivie de Mme Kaouthar Bcherraoui. La première a parlé de la femme arabe à l'heure des défis, et la seconde a exposé un état des lieux de la femme arabe dans le paysage médiatique arabe. Le président du Mouvement culturel libanais Bilal Charara a exposé les lois qui établissent une discrimination envers les femmes, et Mme Berry a eu le mot de la fin dans une tentative de relancer le combat des élites pour une société plus juste et plus tolérante, qui donne à la femme la place qui lui revient de droit. Randa Berry a aussi insisté sur l'unité de la lutte dans l'ensemble du monde arabe, « du grain de sable du Sinaï au Sud-Liban, en passant par Gaza ».
S. H.


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14 h 09, le 16 février 2015