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Liban - L’Éclairage

La peau de banane du Hezbollah qui a fait glisser le courant du Futur...

Selon un ministre, les protestations à Tripoli contre la suppression des banderoles et des portraits sont essentiellement politiques et dirigées contre le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk. Elles visent aussi le dialogue actuel entre le Hezbollah et le courant du Futur. Ces protestations seraient ainsi en fait la partie visible de l'iceberg, mais surtout, le fait d'enlever les banderoles et les portraits était surtout la peau de banane lancée par le Hezbollah pour faire glisser le courant du Futur sur la voie des divisions. Les déclarations du député Khaled Daher ont montré le peu d'amitié qu'il porte au ministre de l'Intérieur. Daher a refusé que les banderoles noires soient enlevées ainsi que le fameux « Allah » qui trône sur la principale place à l'entrée de la ville. Le courant du Futur a été contraint de déclarer dans un communiqué que les positions de Daher ne sont pas les siennes et ne s'inscrivent pas dans la ligne politique tracée par Rafic Hariri.
En dépit de ce désaveu officiel, il est clair que le dialogue entre le courant du Futur et le Hezbollah ne fait pas l'unanimité au sein de la rue sunnite. Certaines parties sunnites réclament ainsi que le Hezbollah commence par exécuter les points adoptés dans le cadre de la conférence de dialogue national, avant de demander des concessions aux autres. De même, le Hezbollah devrait faciliter le déploiement des forces de sécurité dans la banlieue sud pour qu'elle cesse d'être une région hors la loi et impénétrable pour les forces de l'État. C'est pourquoi les forces qui ont protesté contre la suppression des banderoles à Tripoli souhaitaient que le ministre de l'Intérieur commence par appliquer un plan de sécurité dans la banlieue sud et à Beyrouth pour rappeler au Hezbollah comment il doit respecter ses engagements. Pour les protestataires de Tripoli, comment accepter de faire toutes ces concessions, alors que le Hezbollah, lui, ne fait rien et que les auteurs de la tuerie de Btedii dans la Békaa courent toujours parce que le Hezbollah refuse de les livrer à la justice ? Il est clair donc qu'en commençant par enlever les banderoles et les portraits, le ministre de l'Intérieur a fait preuve de précipitation et a montré une certaine légèreté dans l'approche puisqu'il est passé à l'exécution, sans avoir fait au préalable les contacts nécessaires au succès d'une telle opération. Il aurait donc dû tenir une réunion avec les députés et les notables de Tripoli avant de passer à l'acte. Cela aurait évité de faire monter les tensions confessionnelles comme cela a été le cas, alors que la démarche du ministre visait au contraire à l'apaisement, mais elle a été mal exécutée.
D'ailleurs, à cause des protestations et des tensions communautaires qui se sont rallumées, le ministre de l'Intérieur a été contraint de revoir le mécanisme de l'application de son plan. Même si Nouhad Machnouk précise à ceux qui le critiquent qu'il a obtenu l'aval de Dar el-Fatwa avant de rien entreprendre sur le terrain. Machnouk a ajouté que les banderoles noires ne sont pas des symboles religieux, mais les drapeaux de partis extrémistes takfiristes, et il a affirmé que l'objectif de son action vise à retirer des rues tout ce qui pourrait rallumer les tenions confessionnelles et politiques, et être considéré comme une provocation. Pour Machnouk, le plan de la sécurité dans la banlieue sud est la prochaine étape et il est nécessaire pour assurer une sécurité légale et officielle aux leaders de la résistance au lieu de les laisser assurer eux-mêmes leur protection.
Toujours est-il que tout le monde attend le discours de l'ancien Premier ministre Saad Hariri le 14 février dans le cadre du grand rassemblement qui devrait avoir lieu au Biel. Ce discours sera d'autant plus important qu'il intervient après 5 séances de dialogue entre le courant du Futur et le Hezbollah, et il est donc censé évoquer la prochaine étape. Selon des sources bien informées, cheikh Saad devrait aussi rappeler les constantes du courant du Futur et du 14 Mars, notamment sur la situation en Syrie et sur la participation du Hezbollah à la guerre qui s'y déroule. Il va donc préciser que les positions du 14 Mars n'ont pas changé à ce sujet, en dépit du dialogue entre le courant du Futur et le Hezbollah. Saad Hariri va aussi réitérer son appui à l'application de la Constitution et au TSL. Le fait de vouloir la stabilité et l'apaisement des tensions entre les sunnites et les chiites ne signifie pas renoncer aux principes de base.
De son côté, le secrétariat général du 14 Mars précise qu'il est actuellement en train de lancer une réflexion pour évaluer le mouvement dix ans après sa création. En principe, un bilan devrait être exposé le 14 mars ainsi qu'une nouvelle feuille de route, pour la prochaine étape, à la lumière des développements.

Selon un ministre, les protestations à Tripoli contre la suppression des banderoles et des portraits sont essentiellement politiques et dirigées contre le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk. Elles visent aussi le dialogue actuel entre le Hezbollah et le courant du Futur. Ces protestations seraient ainsi en fait la partie visible de l'iceberg, mais surtout, le fait d'enlever les banderoles et les portraits était surtout la peau de banane lancée par le Hezbollah pour faire glisser le courant du Futur sur la voie des divisions. Les déclarations du député Khaled Daher ont montré le peu d'amitié qu'il porte au ministre de l'Intérieur. Daher a refusé que les banderoles noires soient enlevées ainsi que le fameux « Allah » qui trône sur la principale place à l'entrée de la ville. Le courant du Futur a été contraint de...
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