Jason Mier, directeur exécutif de l'association « Animals Lebanon » (AL), a beau avoir travaillé sans relâche pour qu'une loi sur la protection des animaux voie le jour, il n'en revient toujours pas de la rapidité à laquelle le projet est passé en Conseil des ministres.
« Le projet de loi sur la protection des animaux a été adopté hier (mercredi) en Conseil des ministres, dit-il. Il y avait été soumis en novembre dernier par le ministre de l'Agriculture. Tous les ministres concernés ont apporté leurs remarques, très positives. Cependant, avec tous les dossiers conflictuels et ultramédiatisés auxquels le Conseil des ministres doit s'attaquer, nous ne nous attendions pas à ce que celui-ci soit ainsi adopté sans encombres. »
AL travaille depuis plusieurs années, avec le ministère de l'Agriculture, en vue d'élaborer cette loi qui n'existait pas au Liban. Jason Mier précise que le projet initial avait été rédigé par l'association puis modifié à la lumière des débats au sein du ministère de l'Agriculture. « Ces discussions ont mené en fait à une amélioration du projet de loi, reconnaît-il. Toutefois, le texte adopté hier en Conseil des ministres n'a plus connu d'autres modifications majeures. »
Le texte de loi est donc transféré au Parlement, où il doit être adopté définitivement en vue de son application sur le terrain. Ce qui ne signifie pas une mise en application immédiate... « Mon impression est que le projet de loi jouit du soutien des autorités concernées, répond-il. De plus, son adoption sera un progrès en soi. Après cela, il faudra travailler pour que la mise en application s'améliore d'année en année. »
Jason Mier déplore que certains aient raillé la décision du Conseil des ministres parce qu'ils estimaient qu'il s'agit d'une loi mineure qu'on a privilégiée au détriment d'autres. « C'est mal comprendre l'esprit d'une loi sur la protection des animaux, affirme-t-il. Améliorer l'état de santé, le transport, etc. des animaux est une amélioration dans la qualité de vie des hommes. Après tout, les animaux entrent dans notre alimentation. La fermeture récente de l'abattoir de Beyrouth est un exemple de l'impact que le mauvais traitement des animaux peut avoir sur la vie humaine. »
Et d'ajouter : « Il faut être conscient du fait que la protection des animaux et celle des humains ne sont pas antinomiques, mais complémentaires. »
Jason Mier rappelle que cette loi apporte de nombreux bénéfices au Liban. « D'une part, le pays se met au diapason de deux conventions internationales qu'il a ratifiées, la Convention internationale pour lutter contre le trafic d'espèces menacées (Cites) et l'Organisation internationale d'epizootie (OIE), dit-il. D'autre part, cette loi améliorera la situation de tous ceux qui travaillent dans le commerce des animaux et qui seront plus conformes aux normes internationales, pouvant, par conséquent, traiter avec l'étranger sur de meilleures bases. »
Sans compter que la loi devrait assurer une meilleure gestion du phénomène des animaux errants, dont beaucoup se plaignent constamment, ainsi qu'une protection de la faune sauvage et une réglementation du trafic d'espèces animales, notamment celles qui sont menacées. « Il n'est pas logique que des personnes gardent des lions et des tigres chez eux », fait remarquer Jason Mier, en référence à des cas qui ont défrayé la chronique ces dernières années.
S. B.


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