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Économie

Prochaine émission d’un milliard de dollars d’eurobonds

Dette - Liban

Le ministère des Finances prévoit une nouvelle émission d'eurobonds pour un milliard de dollars afin de bénéficier d'une conjoncture de marché favorable.

05/02/2015

Depuis le début de l'année, le ministère des Finances multiplie ses consultations avec les banques libanaises en vue d'une nouvelle émission d'eurobonds d'un montant d'un milliard de dollars.
L'émission dont la gestion a été confiée à la Blom Bank, la SGBL et la City Bank, selon des sources concordantes, servira à financer les dépenses publiques courantes et à honorer des échéances de dette, conformément à la loi promulguée par le Parlement en novembre qui autorise l'État à émettre des eurobonds jusqu'à 2,5 milliards de dollars, à défaut de loi sur le budget.
Une loi datant de 2013 autorise l'État à émettre des obligations en devises à hauteur de 25 milliards de dollars, contre 22 milliards auparavant. L'encours est actuellement de 23 milliards. Des titres arrivent à échéance en 2015 pour un montant total de 3,1 milliards de dollars (dont 1,6 milliard de principal et 1,5 milliard d'intérêts), selon les chiffres du ministère des Finances. Quant à la dette en livres arrivant à échéance cette année, d'un montant de 10 milliards de dollars (principal et intérêts), elle ne devrait pas poser de problème, les banques libanaises procédant de manière quasi systématique au renouvellement des bons du Trésor qu'elles détiennent.

 

 (Pour mémoire : Salamé confiant en la capacité du Liban à protéger sa monnaie)

 

Hausse des taux américains
Le calendrier de cette nouvelle émission obligataire vise aussi à bénéficier de conditions de financement favorables, avant leur détérioration éventuelle en cas de relèvements des taux de référence mondiaux, voire d'une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire au Liban, selon une source ayant requis l'anonymat.
« Les taux américains augmenteront toutefois de manière timide et graduelle, ce qui ne devrait pas impacter à court terme les taux locaux et les conditions d'émissions », tempère l'économiste Nassib Ghobril. La Réserve fédérale (Fed) a, a priori, écarté la possibilité d'abandon de sa politique de taux nul avant la mi-juin.
La dette en devises s'établit aujourd'hui à moins de 40 % du total (dont 35,7 % en dollars), contre près de 50 % en 2006, ce qui laisse une marge de manœuvre pour augmenter à nouveau cette part afin de profiter de conditions de coûts plus avantageuses. C'est en tout cas l'objectif affiché par la stratégie de gestion de l'endettement à moyen terme établie par le ministère des Finances pour la période 2014-2016.

 

(Pour mémoire :  Le marché obligataire sort timidement la tête de l'eau)

 

Conditions d'émission : des négociations difficiles
Les titres qui seront émis devraient avoir une maturité de dix ans et un rendement moyen d'environ 6,5 %, selon des sources bancaires, contre 5,56 ans et 6,38 % en moyenne pour les quelque 31 milliards de dollars d'eurobonds arrivant à terme entre 2015 et 2027. L'objectif de la nouvelle direction de la dette est en effet d'allonger la durée moyenne des emprunts.
Les conditions exactes devront être annoncées officiellement au moment de la clôture de l'émission, sachant que les négociations avec les principaux souscripteurs semblent plus ardues qu'à l'ordinaire : les banques veulent préserver leur niveau de profitabilité, en cours d'érosion, en maintenant voire en augmentant le rendement de leurs placements. Leur principal argument pour obtenir de meilleures conditions : la baisse de la notation souveraine et l'accroissement du risque pays. En octobre dernier, Standard & Poor's (S&P) a abaissé la note du Liban de B à B- tandis qu'en décembre, Moody's l'a fait passer de B1 à B2.
De son côté, l'État insiste sur l'importance de l'impact du coût de la dette sur le déficit public. Il mise aussi sur l'arrivée à échéance en avril de quelque deux milliards de dollars de certificats de dépôts qui va créer un excès de liquidités sur le marché, au désavantage des banques. « Ces certificats avaient été émis par la Banque centrale il y a dix ans, après l'assassinat de Rafic Hariri, pour augmenter les réserves en devises et soutenir la livre », rappelle Nassib Ghobril.

 

Pour mémoire

La dette publique nette à 55,2 milliards de dollars sur les sept premiers mois

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LA PLUS IDIOTEMENT SIMPLE ET SANS EFFORT DE TOUTES LES HÉBÉTUDES... S'EMPRUNTER ! GONFLER LES DETTES !

AIGLEPERçANT

A voir ce qui se passe en Grece en ce moment et tout ce qui s'est passé en Europe depuis 2008 , les banques libanaises sont restees en dehors des crises du subprime qui a lamine les economies occicons . On peut encore vivre de ses rentes fiduciaires au Liban . Alors que partout ailleurs les epargnants se vont voler leurs economies, comme nfrance le livret A ne donne plus que 1% et les PEL sont a 2% .
Je le disais en reprenant Scarlett , le miracle libanais existe bien .

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