La mission des pompiers n’était pas aisée en raison de la présence de produits hautement inflammables.
Un énorme incendie s'est déclaré hier matin dans une usine de bois à Dékouané, appartenant à Khalil Matar et située dans la zone industrielle de la ville, dont le ciel a été pollué par de grandes volutes de fumée noire. Les habitants des quartiers alentour ont vécu une journée difficile, la fumée et les cendres ayant couvert les maisons avoisinantes. Les pompiers de la Défense civile sont vite accourus sur les lieux du sinistre afin de tenter de circonscrire les flammes avant leur propagation jusqu'aux étages supérieurs, craignant surtout que les générateurs ainsi que des réservoirs de solvants de peintures situés à proximité du bâtiment en feu, ne soient atteints par les flammes. Mais sans grand succès. Dans l'après-midi, les flammes ont atteint le toit du bâtiment et trois réservoirs de solvants ont explosé causant un énorme vacarme. Des hélicoptères de l'armée ont été appelés à la rescousse et des renforts ont été alors acheminés sur les lieux.
Le chef de la Défense civile, le général Raymond Khattar, a affirmé que des efforts étaient déployés pour contenir les flammes, mais que la mission n'est pas aisée en raison de la présence de produits hautement inflammables. Le général Khattar a supervisé en outre sur place la mission des pompiers, qui ont empêché les civils de trop s'approcher du bâtiment, de peur qu'il ne s'effondre et pour éviter tout risque de suffocation. En effet, le président du conseil municipal de Dékouané, Antoine Chakhtoura, a été transporté à l'hôpital, souffrant de suffocation, dans l'après-midi. Mais son état était stable. Contacté par L'Orient-Le Jour, M. Chakhtoura a raconté avoir ressenti un manque d'oxygène lors de sa visite des lieux. « La fumée était insupportable, ainsi que l'odeur des solvants de peinture. Leurs réservoirs ont commencé à exploser les uns après les autres, a-t-il confié. J'ai immédiatement eu le vertige, mais maintenant je vais mieux. »
Le président du conseil municipal a assuré par ailleurs en soirée que le sinistre a été circonscrit à 70 pour cent et que le travail des pompiers devrait être terminé avant mercredi matin. « Les deux derniers étages de l'immeuble, si jamais ils ne s'écroulent pas seuls, devront être démolis », a-t-il ajouté.
Le bilan de l'incendie de l'usine « Bois d'Afrique », que les pompiers tentaient encore de contenir complètement en soirée, s'est élevé au final à sept blessés, dont deux sont dans un état critique, tandis que l'employé palestinien Abdallah Abi Amine était porté disparu et que ses collègues affirmaient qu'il avait probablement perdu la vie. Selon le général Khattar, l'individu en question est le responsable de l'entrepôt de l'usine.
Les causes de l'incendie étaient encore inconnues jusqu'à hier soir, même si certains employés affirmaient qu'un court-circuit au niveau d'un distributeur électrique était à l'origine de l'incident. Si l'usine est complètement ravagée, une compagnie d'assurances devrait indemniser le propriétaire.
Sur un autre plan, un camion chargé de carton a pris feu hier dans le centre-ville de Saïda, à cause d'un mégot de cigarette qui a atteint le chargement lors de son passage près de la place al-Qods. Les pompiers de la Défense civile sont accourus sur les lieux et ont maîtrisé les flammes. Les pompiers ont également éteint des incendies à Broummana, à Antélias au sein de l'Université arabe ouverte, et dans une maison de Bourj Brajné.


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