US : chômage et salaires
Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont atteint ces derniers mois un plancher à
≈300 000, caractéristique d'un milieu de cycle économique. Les ménages indiquent que les conditions d'emploi continuent de s'améliorer et les intentions d'embauche se redressent. Après un cru 2014 d'une exceptionnelle vigueur pour l'emploi (+246 000 par mois, la meilleure performance depuis 1999), le début 2015 n'a pas de raison d'être très différent, donnant un soutien supplémentaire au revenu des ménages. Le taux de chômage qui a perdu près d'un point par an depuis 2010 devrait prolonger son repli durant l'année (il est attendu stable à 5.6 % en janvier). L'ombre au tableau tient à l'évolution des salaires. La logique économique voudrait qu'en s'approchant du plein-emploi (la zone de chômage < 5.5 %), il devrait y avoir un début de tension sur les rémunérations. Or tel n'est pas le cas. Après une amorce de rebond en 2013, la croissance du taux de salaire a même fortement ralenti ces derniers mois (graphe ci-contre). La question reste ouverte pour savoir s'il s'agit d'un problème de mesure (car, après tout, d'autres indicateurs de salaires sont plus toniques) ou bien le reflet d'un sous-emploi toujours important. Cette question est cruciale pour la Banque centrale. Dans l'incertitude, cela explique que la Fed s'en tienne à une position d'attentisme, de « patience », avant de sortir de sa politique de taux zéro.


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