Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Jean Baptiste Esta

La République ébréchée

7h15, les autocars scolaires sont déjà passés, mais pourtant toutes les voies d'accès à Beyrouth sont bloquées.
Où vont donc tous ces braves gens qui se sont levés très tôt, qui pour prendre sa douche, qui pour se maquiller, tous pour avoir une mine présentable ? Aux restaurants ? Ils ne sont pas ouverts avant 12h, à un enterrement, il ne se fait pas aussi avant 11h et, généralement, après 15h ?
Rien de tout cela, ils se bousculent tous pour aller travailler, gagner leur pain à la sueur de leur front, au prix de leurs nerfs mis à bout dès les premières heures de la journée par ces embouteillages monstres.
Nos députés ont pleurniché le plus hypocritement possible sur une prorogation de leur mandat ; personne ne doute cependant qu'ils l'ont souhaitée tous de tout cœur ! Sans être financier ni économiste, savent-ils que ces nègres du matin doivent produire par an un milliard de dollars pour pouvoir payer leur salaire de princes ? Dans les pays auxquels ils font souvent référence pour nous gaver de démocratie, leurs confrères touchent à peine la moitié de leurs émoluments, ils bossent et payent des impôts sur leurs revenus.
Rien qu'à voir l'Assemblée nationale en France, les députés y sont présents 3 jours par semaine rien que pour poser des questions au gouvernement ! Et dans certains pays touchés par la crise économique de 2008, les responsables ont réduit de 30 % leur salaire !
Je comprends qu'ils jouent la prolongation, mais je ne comprends pas qu'ils continuent de percevoir leur salaire alors qu'ils ne font rien !
Maintenant ils ont abandonné les institutions, ils ont oublié la nouvelle loi électorale pour l'élaboration de laquelle ils ont prorogé leur mandat ; le quorum pour l'élection présidentielle est leur dernier souci. Alors ils encouragent et regardent les tribus dialoguer entre elles : qu'ils aient au moins le courage et la pudeur de proclamer qu'ils renoncent à un salaire auquel ils n'ont plus droit.
Que les maronites d'entre eux, qui déclarent être prêts, à qui veut bien les croire, à se sacrifier pour servir leur pays pourvu qu'ils soient élus à la présidence soient les premiers à ce renoncement.
Malheureusement nos députés, malgré leur fanfaronnade audiovisuelle, savent bien, dans leur for intérieur, que, pour la grande majorité d'entre eux, il a suffi que 4 ou 5 gros conducteurs les fassent monter dans leur bus pour qu'ils soient à la place où ils sont !
Alors c'est simple, maintenant qu'ils sont là pour 30 mois au moins, ils se la coulent douce, car, pour la plupart, avoir une retraite dorée ne peut être refusé, c'est même recherché.
Et, en paraphrasant Moustaki, ils clament tous en chœur : « Dormir et ne rien faire, qu'y a-t-il de meilleur, c'est notre rêve à tous, députés et chômeurs » !
Quant à ceux qui sont un peu plus magouilleurs, on sent dès maintenant leur goût pour se partager le gâteau des déchets ménagers qui leur a été préparé.
Ah, si tu les voyais d'en haut, cher Nassib Lahoud, toi qui t'es abstenu de travailler au Liban quand tu as été élu député !
Res publica, res publica, toi qui as animé notre jeunesse et qui continues de sous-tendre notre action, pourquoi es-tu ainsi malmenée par nos députés ?

Jean Baptiste ESTA

7h15, les autocars scolaires sont déjà passés, mais pourtant toutes les voies d'accès à Beyrouth sont bloquées.Où vont donc tous ces braves gens qui se sont levés très tôt, qui pour prendre sa douche, qui pour se maquiller, tous pour avoir une mine présentable ? Aux restaurants ? Ils ne sont pas ouverts avant 12h, à un enterrement, il ne se fait pas aussi avant 11h et, généralement, après 15h ?Rien de tout cela, ils se bousculent tous pour aller travailler, gagner leur pain à la sueur de leur front, au prix de leurs nerfs mis à bout dès les premières heures de la journée par ces embouteillages monstres.Nos députés ont pleurniché le plus hypocritement possible sur une prorogation de leur mandat ; personne ne doute cependant qu'ils l'ont souhaitée tous de tout cœur ! Sans être financier ni économiste, savent-ils...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut