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Le chef du bloc du Futur, l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, a estimé samedi que les propos tenus la veille par le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah sont « irréfléchis ». « Les propos tenus par Hassan Nasrallah et ses déclarations sur les nouvelles règles de confrontation avec Israël sont irréfléchis et font fi de la volonté du peuple libanais qui s'est engagé à respecter la résolution 1701 », a déclaré M. Siniora à l'ouverture d'une conférence organisée par l'Institut Issam Farès en hommage à l'ancien ministre Mohammad Chatah, assassiné en décembre 2013. M. Siniora a ajouté qu'« il n'est pas permis qu'une partie décide pour l'ensemble du peuple libanais et se substitue aux institutions constitutionnelles », assurant que « toutes les accusations de traîtrise relèvent d'une époque révolue puisque nous n'avons jamais laissé tomber la cause palestinienne ».
M. Siniora a estimé que les tirs de joie lors du discours de Hassan Nasrallah sont inacceptables, appelant les forces de sécurité à poursuivre les auteurs de ces tirs. « Les rues de Beyrouth se sont transformées hier en champs de bataille, de peur et de terreur, a déclaré M. Siniora. Les habitants ont dû fuir pour se protéger, et le peuple libanais ne peut accepter une telle atteinte à sa sécurité, sa liberté et sa dignité, a-t-il dénoncé. Nous sommes partenaires dans ce pays sur base de l'égalité en ce qui concerne les droits et les devoirs, et il n'est pas permis qu'une partie veuille transformer le pays en un territoire géré par la loi de la jungle. Les propos du secrétaire général du Hezbollah ne respectent pas la volonté du peuple libanais, ni la coexistence ni les droits de l'homme, mais imposent la logique de la violence et des armes, bien que l'expérience libanaise ait prouvé que ce genre d'approches est voué à l'échec. »
Et M. Siniora d'ajouter que « le Liban traverse une phase très critique ». « Nous devons nous orienter vers une politique d'intérêt général, sinon nous causerons la perte du pays », a-t-il mis en garde, assurant son attachement à l'État juste qui se doit d'imposer sa souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais, « à l'heure où certains tentent encore, malheureusement, de transformer ce pays en boîte aux lettres au service d'autres puissances ».
Sur un autre plan, l'ancien Premier ministre a rendu hommage à Mohammad Chatah, « qui était un homme ouvert, sage et honnête, qui rêvait d'un pays civilisé, basé sur les principes de citoyenneté, d'égalité et de démocratie ».
« Mohammad Chatah travaillait pour le Liban sans penser au fait que sa vie pouvait être en danger car il s'est toujours intéressé aux politiques publiques sans s'immiscer dans les petits jeux et complots de la politique », a déclaré M. Siniora, se remémorant le rôle joué par Chatah au niveau financier au sein de la Banque du Liban, ainsi qu'à ses côtés en tant que conseiller du Premier ministre, puis, enfin, en tant que ministre des Finances qui a aidé à résoudre le problème de l'accroissement de la dette publique et protéger la zone économique exclusive du pays. « Mohammad Chatah croyait, par ailleurs, au dialogue et estimait que la violence était la fin de la politique », a conclu Fouad Siniora, affirmant que « nous resterons attachés à ses principes afin de restaurer à l'État son prestige et pour que le Liban subsiste ».
La conférence s'est tenue en présence des anciens ministres Tarek Mitri et Jihad Azour, du député Marwan Hamadé, de l'ancien président de la BDL, cheikh Michel el-Khoury, et de nombreux députés et figures politiques qui ont tour à tour rendu hommage au disparu. La cérémonie était aussi une occasion de débattre de sujets politiques. Dans ce contexte, Marwan Hamadé a prononcé une allocution dans laquelle il a défendu le projet de création d'un Sénat afin de développer le système politique et de promouvoir la décentralisation.


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