Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Conflit

Tokyo « outré » par l’exécution de son ressortissant par l’EI

Combats autour de Kobané ; les peshmergas reprennent aux jihadistes un champ pétrolier de Kirkouk.

La vidéo relatant l’exécution de Kenji Goto, enlevé l’automne dernier en Syrie, serait authentique, selon le gouvernement japonais. HO/Reuters

L'annonce de l'exécution par le groupe État islamique (EI) d'un second otage japonais enlevé en Syrie a mis hier le monde en émoi, Tokyo qualifiant d'ignoble cet acte fermement condamné par la communauté internationale.

En effet, le Japon a juré hier qu'il ne céderait pas face au terrorisme, après la diffusion d'un enregistrement attribué à l'EI annonçant la décapitation d'un deuxième ressortissant japonais. « Nous en sommes outrés et condamnons (cet acte) avec la plus grande fermeté », a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga. Il a jugé « hautement probable » l'authenticité de la vidéo relatant l'exécution de l'homme identifié comme étant le journaliste Kenji Goto, enlevé l'automne dernier en Syrie. Dans la nouvelle vidéo diffusée samedi sur Twitter, on voit Kenji Goto à genoux en tenue orange, à côté d'un homme debout, masqué et tout de noir vêtu, un couteau à la main. La dernière image présente un corps sans vie. Selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE, le bourreau à l'accent britannique est le même que sur les précédentes vidéos de décapitation d'otages occidentaux par l'EI. Cet homme affirme que l'exécution de Kenji Goto punit la « participation irresponsable » du Japon à la guerre de la coalition internationale contre les jihadistes. L'EI avait déjà annoncé il y a une semaine avoir tué un premier otage japonais, Haruna Yukawa, capturé en août en Syrie, avant que Kenji Goto n'aille à sa recherche et ne soit enlevé à son tour fin octobre ou début novembre.

(Lire aussi : Les Kurdes irakiens reprennent un champ pétrolier à l'EI)


« C'est un acte de terrorisme ignoble contre lequel je suis très en colère », a renchéri le Premier ministre Shinzo Abe. « Nous ne pardonnerons jamais aux terroristes », a-t-il poursuivi. « Le Japon est fermement résolu à prendre ses responsabilités en lien avec la communauté internationale pour combattre le terrorisme » et pour que ceux qui en sont responsables soient « traduits en justice ». « Je n'ai pas de mots pour dire la peine que la famille doit ressentir, le gouvernement a fait le maximum pour gérer cette crise, c'est très regrettable », a reconnu le Premier ministre. « Kenji est parti. Je ne peux trouver de mots face à cette triste mort », a réagi devant les caméras la mère de la victime, Junko Ishido.

Les réactions ont afflué dans la nuit et la matinée d'hier : le président américain Barack Obama a condamné un « meurtre odieux » et son homologue français François Hollande a fait part de son indignation. Le Premier ministre britannique David Cameron a qualifié cet acte de « méprisable » et d' « effroyable », tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a parlé d'un acte « inhumain et odieux » et que le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a condamné cet « assassinat barbare », « qui souligne la violence que beaucoup ont subie en Irak et en Syrie ».

La Jordanie « déterminée à tout faire »

La Jordanie a aussi « vivement » condamné l'exécution de Kenji Goto et a assuré n'avoir « épargné aucun effort, en coordination avec le gouvernement japonais, dans le but de lui sauver la vie ». Elle s'est dit en outre « déterminée à tout faire » pour retrouver vivant son pilote Maaz al-Kassasbeh, que l'EI avait menacé d'exécuter si Amman ne libérait pas une jihadiste irakienne en échange du journaliste japonais, dans un ultimatum qui avait expiré jeudi dernier. Amman s'était dit prêt à libérer la prisonnière, mais exigeait une preuve montrant que son pilote était en vie. Il avait été capturé en décembre après l'accident de son F-16 en Syrie, où il effectuait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

(Lire aussi : Sajida al-Rishawi , la jihadiste que l'EI veut)


En Syrie toujours, les combattants de la principale milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) sont parvenus à libérer un nouveau village près de la ville kurde de Kobané, dans le nord de la Syrie, à la frontière turque, a indiqué l'Observatoire syrien de droits de l'homme (OSDH). Les combattants kurdes contrôlent actuellement 17 des centaines de villages et hameaux des alentours de Kobané, où l'EI reste bien implanté au Sud-Est et au Sud-Ouest. Sur une vidéo, un média de l'EI a indiqué que les jihadistes se sont retirés de Kobané à cause des frappes de la coalition mais qu'ils sont décidés à y retourner, a rapporté le site de l'OSDH.

De l'autre côté de la frontière, dans la province de Kirkouk dans le Nord irakien, les peshmergas (combattants kurdes) ont chassé les jihadistes de l'EI du champ pétrolier d'al-Khoubbaz après l'avoir encerclé durant plusieurs heures, a affirmé le général de brigade Sarhad Qader. L'EI avait pris possession du champ pétrolier dans la nuit de vendredi à samedi et y retenait 24 employés, selon le responsable peshmerga Westa Rassul. Un responsable de police a précisé que leur libération avait pris du temps, de crainte que le bunker dans lequel ils étaient retenus n'ait été piégé. Selon des responsables, deux chefs militaires sont morts dans les combats. Les forces kurdes ont également repris huit villages aux jihadistes au sud-ouest de la ville de Kirkouk, chef-lieu de la province du même nom.


Lire aussi

« Casser l'image » des jihadistes avec des... chaussures

La lutte contre l'EI représente « le défi de notre temps »

Dans la guerre contre l'EI, le plus dur est à venir

L'annonce de l'exécution par le groupe État islamique (EI) d'un second otage japonais enlevé en Syrie a mis hier le monde en émoi, Tokyo qualifiant d'ignoble cet acte fermement condamné par la communauté internationale.En effet, le Japon a juré hier qu'il ne céderait pas face au terrorisme, après la diffusion d'un enregistrement attribué à l'EI annonçant la décapitation d'un deuxième ressortissant japonais. « Nous en sommes outrés et condamnons (cet acte) avec la plus grande fermeté », a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga. Il a jugé « hautement probable » l'authenticité de la vidéo relatant l'exécution de l'homme identifié comme étant le journaliste Kenji Goto, enlevé l'automne dernier en Syrie. Dans la nouvelle vidéo diffusée samedi sur Twitter, on voit Kenji Goto à genoux...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut