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Liban

La réponse d’Élie Fayad

Les commentaires du bureau de presse de l'ancien président Émile Lahoud appellent les observations suivantes :
1- Le bureau de presse affirme qu'il existe une vérité historique unique et fustige « les plumes qui la déforment ». Soit. Commençons donc par rétablir la vérité du texte. Il est écrit dans l'article incriminé que « le dirigeant syrien (Bachar el-Assad (...) aura tout tenté, avec son style didactique singulier, pour freiner les ardeurs pacifiques du prince Abdallah et limiter la portée du plan. Quant à son protégé libanais Émile Lahoud, il ne mentionnera même pas l'initiative Abdallah dans son intervention, préférant développer une approche radicale du processus de paix ». Deux points sont ici en cause, d'abord le vocable « protégé », puis les prestations de MM. Assad et Lahoud.
En ce qui concerne le premier point, il paraît assez évident, dans le sillage du texte, que s'agissant des relations entre deux chefs d'État, il ne convient pas de donner au terme incriminé une portée personnelle, mais plutôt politique et globale. Nul ne contestera qu'à l'époque, c'était le Liban qui était le « protégé » de la Syrie et non le contraire. Que M. Lahoud ait été volontairement prosyrien et non pas forcé par Damas ne change rien à l'équation.
Pour ce qui est de l'attitude décrite comme « radicale » de MM. Assad et Lahoud au cours du sommet, il n'est un secret pour personne qu'elle faisait – et fait toujours – l'objet d'une grande fierté de la part des intéressés eux-mêmes. M. Assad ne se considérait-il pas comme le chef de l'axe de la « moumanaa » ? M. Lahoud n'a-t-il pas toujours été adepte de cette école ?
2 – La seconde observation a trait à la question de l'implantation des Palestiniens. En effet, il est écrit dans le texte qu'une « nuance » a été introduite à ce sujet « sur l'insistance de la partie libanaise ». Le terme « nuance » est à comprendre ici dans le sillage global du plan de paix arabe et non pas comme un fait secondaire touchant le Liban. Or justement, le bureau de presse de M. Lahoud donne à penser que l'auteur est hostile à l'introduction de cette « nuance », alors même qu'il est clairement souligné dans l'article combien cette question de « l'implantation » est sensible aux yeux de l'opinion libanaise, au point de figurer dans le Préambule de la Constitution.
L'auteur ne fait que constater, comme son rôle de journaliste le lui impose, que le rajout obtenu par le Liban a facilité la tâche au Premier ministre israélien d'alors, Ariel Sharon, pour rejeter en bloc le plan arabe, étant entendu que Sharon allait de toutes les façons faire le nécessaire pour que le plan arabe demeure lettre morte.
Si la vérité historique n'est pas encore établie, du moins la vérité du texte l'est à présent. Pour le reste, c'est affaire d'affinités.

E. F.

Les commentaires du bureau de presse de l'ancien président Émile Lahoud appellent les observations suivantes :1- Le bureau de presse affirme qu'il existe une vérité historique unique et fustige « les plumes qui la déforment ». Soit. Commençons donc par rétablir la vérité du texte. Il est écrit dans l'article incriminé que « le dirigeant syrien (Bachar el-Assad (...) aura tout tenté, avec son style didactique singulier, pour freiner les ardeurs pacifiques du prince Abdallah et limiter la portée du plan. Quant à son protégé libanais Émile Lahoud, il ne mentionnera même pas l'initiative Abdallah dans son intervention, préférant développer une approche radicale du processus de paix ». Deux points sont ici en cause, d'abord le vocable « protégé », puis les prestations de MM. Assad et Lahoud.En ce qui...
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