Rechercher
Rechercher

Liban - Diplomatie

Depuis le Qatar, Deriane obtient une garantie pour la protection des Libanais dans les pays du Golfe

« Les divisions leur ont causé plus de tort que l'ennemi sioniste », a lancé le mufti de la République, lors d'une réception à l'ambassade du Liban à Doha.

Les propos tenus par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de sa dernière interview télévisée, sur la situation à Bahreïn, auraient pu compromettre le séjour des Libanais dans les pays du Golfe. Le numéro un du parti chiite avait déclaré que « Bahreïn fait l'objet d'un projet similaire au projet sioniste, c'est-à-dire un vaste plan de colonisation et de naturalisation ».
En visite au Qatar, le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a tenté de résorber les effets de cette déclaration sur les Libanais résidant dans les pays du Golfe.
Des Libanais qui résident à Doha ont expliqué à L'Orient-Le Jour que « rien n'a changé au niveau du renouvellement des séjours depuis les récents propos du chef du Hezbollah. C'est comme si ces propos n'avaient jamais été tenus. Les craintes de représailles diffusées sur les réseaux sociaux ne sont que propagande ». L'initiative du mufti de la République serait dans ce sens préventive et renverrait un message global aux pays du Golfe en faveur des Libanais. Force est de rappeler en effet que Bahreïn a déjà contraint, depuis 2012, les Libanais de confession chiite, et certains chrétiens, à quitter le royaume définitivement. Un Libanais chrétien qui travaillait à Bahreïn, avant de s'installer récemment en Arabie saoudite, a confié à L'OLJ avoir attendu une année pour obtenir le renouvellement de son passeport en 2014. « Je crains que la nouvelle position exprimée par le Hezbollah ne nous affecte encore plus », a-t-il estimé.
Reçu hier par le Premier ministre qatari, cheikh Abdallah ben Nasser, le mufti Deriane a évoqué les relations bilatérales, mais aussi les rapports de Dar el-Fatwa avec le Qatar et son ministère des Waqfs et des Affaires islamiques, en vue d'une meilleure coopération dans les domaines religieux, humanitaire et social. Le Premier ministre qatari a insisté sur « le maintien de cette coopération qui vise à combler des besoins de plus en plus nombreux ». Il a déclaré avoir donné ses directives au ministre des Waqfs « pour pousser la coopération jusqu'au bout de manière à servir les objectifs que s'est fixés Dar el-Fatwa à Beyrouth ».
Revenant sur les conséquences que pourraient porter les récents propos de Hassan Nasrallah, le mufti Deriane a insisté sur « le respect du principe de non-ingérence dans les affaires des États arabes, surtout les États membres du Conseil de coopération du Golfe ». Affirmant que la position controversée « ne reflète pas l'opinion de Dar el-Fatwa », il a prié le Premier ministre qatari de « s'abstenir de faire payer aux Libanais le prix de déclarations émanant de certaines parties, qui risquent d'affecter à tort leurs travaux et leurs activités dans les États du CCG ». Cheikh ben Nasser lui a alors répondu en déclarant que « tous les Libanais qui travaillent au Qatar font partie de nous et produisent un travail très réussi. Ils ne sauraient faire l'objet de vindicte ou d'abus. Ils bénéficient de notre respect et de notre encouragement ». Le mufti de la République a alors remercié son interlocuteur pour « cette noble et honorable position patriotique ».
Par ailleurs, le mufti Deriane a été reçu à dîner par l'homme d'affaires Badr Darwiche, en présence du président du Comité de contrôle administratif et de la transparence, Abdallah Attieh, et d'un grand nombre d'hommes d'affaires qataris. Dans une allocution de circonstance, le mufti de la République a appelé ses hôtes à « augmenter leurs investissements au Liban ». Il n'a pas manqué de saluer les aides de l'émirat au développement et à la reconstruction. « Le Qatar a donné à plusieurs reprises les preuves de sa volonté d'aider le Liban. Il est important de relancer ce travail de bienfaisance sur les bases d'un travail fraternel commun entre nos deux pays », a souligné le dignitaire. Il a déclaré en effet que « le Liban a besoin du soutien des pays du Golfe, ce soutien étant une garantie pour les musulmans et les Arabes. C'est la coopération qui est censée être le maître mot dans nos rapports avec ces pays et non l'ingérence dans les affaires d'autrui ».
La tournée du mufti de la République a inclus par ailleurs une visite au siège du Centre culturel et islamique du Qatar, où il a pu s'informer des moyens technologiques modernes de diffusion de la culture de l'islam. « Ce travail met en relief les valeurs humaines et civilisées de l'islam, dont l'enjeu est de rapprocher les peuples les uns des autres », a relevé le mufti Deriane.
Lors d'une réception à l'ambassade du Liban à Doha, il a rebondi sur ce point en appelant à « une unité nationale intercommunautaire pour combattre le terrorisme, qui instrumentalise Dieu et l'islam ». Il a appelé dans ce cadre à hâter l'élection d'un nouveau président de la République, stigmatisant avec virulence « les divisions des Libanais, qui ont fait plus de tort au pays que l'ennemi sioniste », selon des informations obtenues par L'OLJ.

S. N.

Les propos tenus par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de sa dernière interview télévisée, sur la situation à Bahreïn, auraient pu compromettre le séjour des Libanais dans les pays du Golfe. Le numéro un du parti chiite avait déclaré que « Bahreïn fait l'objet d'un projet similaire au projet sioniste, c'est-à-dire un vaste plan de colonisation et de naturalisation ».En visite au Qatar, le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a tenté de résorber les effets de cette déclaration sur les Libanais résidant dans les pays du Golfe.Des Libanais qui résident à Doha ont expliqué à L'Orient-Le Jour que « rien n'a changé au niveau du renouvellement des séjours depuis les récents propos du chef du Hezbollah. C'est comme si ces propos n'avaient jamais été tenus. Les craintes...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut