Liban

Le Hezbollah entretient le flou sur ses intentions de riposte

L’éclairage
20/01/2015

Si le Hezbollah est obligé de laisser planer le doute sur son intention de riposter au revers qu'Israël lui a fait subir à Kuneitra, dimanche, les experts estiment qu'en fin de compte, il ne prendra pas le risque d'entraîner le Liban dans une guerre globale, et qu'il se contentera, une fois de plus, de déclarer qu'il ripostera « au lieu et en temps voulus ». À charge pour cette riposte de ne pas être lancée à partir du Liban.
La réaction politique du Hezbollah à ce qui vient de se passer viendra du secrétaire général du Hezbollah personnellement, qui pourrait s'adresser de nouveau à ses partisans dans une apparition télévisée, dans les tous prochains jours. Selon les spécialistes du dossier interne, en effet, il le doit à ses partisans, pour qui le coup reçu est un grave revers militaire, et surtout psychologique. Ainsi, pour regagner la confiance de ses partisans, le Hezbollah serait obligé de lancer de nombreux « leurres militaires » en attendant que retombent les frustrations de ses partisans.
Le succès de l'attaque dénote en tout cas une faille dans le système de sécurité du Hezbollah, dans la mesure où le raid a dû être lancé après qu'Israël eut obtenu des renseignements sûrs au sujet de la composition du convoi attaqué.
En tout état de cause, les observateurs soulignent qu'il existe « un devoir de riposte » et que ce « devoir » est lié au dernier discours de Hassan Nasrallah, dans lequel il avait mis en garde Israël contre une frappe en Syrie, et affirmé que toute attaque dirigée contre le régime syrien serait considérée comme dirigée contre tout l'axe syro-iranien, ainsi que contre le Hezbollah, surtout si cette frappe est dirigée contre sa propre présence, et la présence iranienne en Syrie.
Ce faisant, Hassan Nasrallah cherchait à imposer de nouvelles règles d'engagement. Il élargissait le conflit au niveau de la région. Le coup de dimanche vient prouver que ces nouvelles règles seront moins faciles à mettre en œuvre que ne le pense le parti pro-iranien, et que la force de dissuasion que le Hezbollah veut mettre en avant peut se retourner contre lui, Israël non plus ne manquant pas d'arguments dissuasifs. L'opération, dans ce cas, serait à mettre au crédit de Benjamin Netanyahu et devrait être versée au dossier des élections législatives anticipées.
Du reste, ajoutent des spécialistes, si le Hezbollah était, comme il l'affirme, en mission de reconnaissance aux abords de la frontière israélienne, c'est sans doute parce que, en coordination avec les gardiens de la révolution, il planifiait peut-être une attaque contre Israël, attaque que ce pays aurait choisi, par anticipation, de faire échouer. Encore une hypothèse qu'il sera intéressant de vérifier dans les prochains jours.
Mais à une riposte sérieuse, douloureuse, qui entraînerait un risque d'embrasement généralisé, il est des éléments dissuasifs sur les plans aussi bien interne qu'externe.
Sur le plan interne, il paraît improbable que le Hezbollah compromette une dynamique politique qu'il a pris tant de peine et de patience à mettre en œuvre, et qui comprend des ouvertures politiques et des acquis sécuritaires non négligeables, qui sont autant de prolongements de la guerre qu'il livre aux jihadistes en Syrie. On rappelle, à ce sujet, que l'un des fruits du dialogue avec le courant du Futur sera l'extension du plan de sécurité appliqué au Liban-Nord d'abord à la Békaa-Nord, ensuite à Saïda.
Sur le plan externe, enfin, tout le monde sait que le véritable centre de décision militaire ne se trouve pas au Liban et qu'un conflit régional n'est pas en ce moment dans l'intérêt de certains pays de la région. Ainsi, un conflit compromettrait définitivement toute possibilité d'accord entre les États-Unis et l'Iran sur le programme nucléaire de ce pays. Par ailleurs, tout effort de guerre entraînerait des dépenses énormes que personne dans le camp de la « moumanaa » n'est prêt à engager en ce moment, pas même la Russie, alors que les prix du pétrole chutent et que l'Iran (pour ne retenir que cet exemple) a perdu en un an plus de 60 % de ses recettes pétrolières.

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