Le ministre Rifi recevant les familles des détenus islamistes en son domicile à Tripoli. Photo Ani
Le ministre de la Justice Achraf Rifi a rassuré hier les familles des détenus islamistes dans la prison de Roumieh, leur promettant une accélération des jugements dans les affaires qui les concernent.
Les proches des détenus islamistes manifestaient hier devant le domicile du ministre à Tripoli, quelques jours seulement après l'opération menée par les Forces de sécurité intérieure, suivant des directives du ministère de l'Intérieur, dans le bâtiment B de la prison de Roumieh, la principale du pays. Ce bâtiment regroupait des prisonniers islamistes qui faisaient la loi en l'absence d'une intervention efficace des autorités. De plus, nombre de ces détenus se trouvent en prison depuis des années sans que des jugements n'aient été prononcés dans leurs affaires.
Le ministre a reçu une délégation des parents de détenus islamistes en son domicile. Il s'est dit confiant que « les jugements seront prononcés d'ici à deux mois ». Il leur a affirmé avoir contacté le ministre de l'Intérieur pour s'assurer que les prestations de santé seront octroyées dès aujourd'hui lundi à tous ceux qui en ont besoin, et que les parents pourront visiter leurs proches très prochainement. « On ne peut pas effacer les conséquences de trente ans de domination du régime syrien en trois mois », a-t-il poursuivi.
De son côté, l'ancien directeur de la Sûreté générale, Jamil es-Sayyed, a critiqué l'accueil réservé par le ministre Rifi aux familles des détenus, estimant que le poste de ministre de la Justice « ne lui donne le droit ni d'accueillir ni d'affronter une catégorie de détenus ou leurs familles, de façon tout à fait non conventionnelle, que ce soit en son domicile ou à son bureau ». Il a vu dans le comportement du ministre « une surenchère par rapport à l'opération menée par le ministre de l'Intérieur à la prison de Roumieh ». « Après le scandale causé par cette opération dans la prison (...) on se serait attendu que le ministre de la Justice demande au parquet d'ouvrir une enquête pour déterminer les responsabilités dans l'affaire de l'introduction de toutes sortes de produits interdits dans la prison », a-t-il conclu.


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