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Liban - Dans Les Coulisses De La Diplomatie

Beyrouth attend toujours la réaction de Bahreïn au communiqué-mise au point de Salam

Le Premier ministre, Tammam Salam, a préféré publier un communiqué solennel, pour essayer de limiter les dégâts provoqués par les propos du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au sujet du régime de Bahreïn, qu'il avait accusé de réprimer « dans la violence l'opposition » et de pratiquer « à grande échelle la naturalisation d'étrangers pour changer l'équilibre démographique communautaire dans le pays au détriment des chiites ». En ce faisant, Tammam Salam n'a pas seulement voulu empêcher une détérioration des relations entre Beyrouth et Manama, qui a crié au scandale et accusé le Hezbollah et le Liban de se mêler de ses affaires intérieures. Il a surtout voulu éviter que Manama n'y réagisse en expulsant à titre de représailles, les Libanais installés et travaillant sur son territoire.
Una autre raison a motivé son initiative : préserver la cohésion gouvernementale. Si le chef du gouvernement avait présenté le texte du communiqué dans lequel il souligne notamment les excellents rapports entre Beyrouth et Manama et le souci du Liban de les maintenir, il se serait heurté à l'opposition des ministres du Hezbollah qui ne peuvent en aucune façon désavouer leur chef. C'est ce qu'on a appris hier d'un ministre qui a contribué à la mise au point de cette formule. « Tammam Salam s'est vu obligé de défendre les relations du Liban avec les pays du Golfe ainsi que les intérêts de centaines de Libanais qui y travaillent, surtout que ces États soutiennent en permanence le Liban et lui offrent des aides qui s'élèvent à plusieurs millions de dollars », a expliqué ce ministre, qui a cependant relevé qu'à ce jour, les autorités bahreïnies n'ont pas réagi au communiqué de la présidence du Conseil, que ce soit officiellement ou à travers leurs médias.

Un nuage d'été
C'est samedi que le chef du gouvernement a fait sa déclaration, publiée par son bureau de presse et dans laquelle il souligne d'emblée son « attachement aux relations fraternelles entre le Liban et le royaume de Bahreïn ». « La diversité politique au Liban, qui favorise l'émergence de différentes positions, parfois contradictoires, au sujet d'affaires intérieures ou extérieures, ne doit pas servir de motif pour porter atteinte aux intérêts libanais ou aux relations du Liban avec des États frères ou amis », a indiqué Tammam Salam, avant de préciser : « La position officielle du Liban par rapport à des causes arabes et internationales est exprimée par son gouvernement, dont le porte-parole est le Premier ministre, et non pas par une partie politique, à titre individuel, même si celle-ci est représentée au sein du gouvernement. » « Le Liban qui a beaucoup souffert des ingérences dans ses affaires intérieures est soucieux de ne pas s'immiscer à son tour dans les affaires d'autres États, notamment les États arabes frères, comme Bahreïn », a-t-il poursuivi, en se disant persuadé que ce royaume « est capable de surmonter tout obstacle grâce à la sagesse du roi Hamad ben Issa al-Khalifa et de ses frères ».
Il a exprimé l'espoir que « ce nuage d'été » ne ternira pas les rapports libano-bahreïnis, « et, de manière générale, les relations du Liban avec n'importe quel État du Conseil de coopération du Golfe ». M. Salam a souligné l'importance de la solidarité interarabe en cette période « primordiale pour faire face aux dangers qui guettent l'ensemble des pays de la région, notamment le terrorisme ».
Mais jusqu'à hier soir, le Liban officiel ne savait toujours pas si cette page a été tournée, comme il le souhaite, ou si le discours de Hassan Nasrallah aura des conséquences préjudiciables. Les propos tenus par les ministres arabes des Affaires étrangères à ce sujet, durant la dernière conférence ministérielle du Caire, n'augurent rien de bon. Il est bon de rappeler qu'au cours de cette réunion, jeudi, le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, n'avait pas réussi à convaincre ses homologues arabes de renoncer à l'approbation d'un projet de résolution contre le Hezbollah, présenté par Bahreïn, en dépit de son insistance sur le fait que les propos de Hassan Nasrallah n'engagent que sa personne et ne représentent pas la position du gouvernement.
Le ministre des Affaires étrangères est revenu à la charge hier, en réaffirmant dans des déclarations à la presse que le discours du leader du Hezbollah ne représente pas la position du gouvernement « qui reste attaché à ses relations excellentes avec l'ensemble des pays arabes ». « Il est de notre devoir de maintenir nos bonnes relations avec tous les États par souci de préserver les intérêts des Libanais dans ces pays et les intérêts de ces États au Liban », a-t-il dit.
Mais selon son collègue à la Réforme administrative, Nabil de Freige, ces assurances ne suffisent pas. Le chef de la diplomatie doit demander aux ambassadeurs libanais accrédités dans les pays du Golfe d'expliquer officiellement aux autorités compétentes que les accusations du secrétaire général du Hezbollah n'engagent que sa personne, a-t-il estimé. Il a assuré que le gouvernement ne va pas se pencher sur cette affaire, à moins que Gebran Bassil ne la soulève, a encore dit M. de Freige, à l'agence al-Markaziya. « Hassan Nasrallah assumera une responsabilité énorme, lui et son parti, si jamais un Libanais est expulsé de Bahreïn », a-t-il fait remarquer, en jugeant anormal que le Premier ministre « se voit contraint de donner des explications (aux Bahreïnis) au moment où le chef de la diplomatie qui est tenu d'appliquer la politique étrangère du Liban garde le silence ».

Le Premier ministre, Tammam Salam, a préféré publier un communiqué solennel, pour essayer de limiter les dégâts provoqués par les propos du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au sujet du régime de Bahreïn, qu'il avait accusé de réprimer « dans la violence l'opposition » et de pratiquer « à grande échelle la naturalisation d'étrangers pour changer l'équilibre démographique communautaire dans le pays au détriment des chiites ». En ce faisant, Tammam Salam n'a pas seulement voulu empêcher une détérioration des relations entre Beyrouth et Manama, qui a crié au scandale et accusé le Hezbollah et le Liban de se mêler de ses affaires intérieures. Il a surtout voulu éviter que Manama n'y réagisse en expulsant à titre de représailles, les Libanais installés et travaillant sur son...
commentaires (2)

L'EXPANSION DU MINI... CONTINUE... AU DÉTRIMENT DE L'ETAT !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

10 h 12, le 19 janvier 2015

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Commentaires (2)

  • L'EXPANSION DU MINI... CONTINUE... AU DÉTRIMENT DE L'ETAT !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 12, le 19 janvier 2015

  • "M. Freige juge anormal que le Premier ministre se voit contraint de donner des explications aux Bahreïnis, au moment où le chef de la diplomatie qui est tenu d'appliquer la politique étrangère du Liban garde le silence." ! Il ne fallait pas lui accorder alors, ce poste de ministre des Affaires Étrangères !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 05, le 19 janvier 2015

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