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Nos lecteurs ont la parole - Sylvain Thomas

Journalisme, déontologie et éthique

Aucune règle, aucune structure ne peut assurer automatiquement l'information complète et impartiale à laquelle le public a droit. Celle-ci reste essentiellement liée à l'action personnelle des journalistes. Le seul rôle des structures et des réglementations est de permettre l'objectivité en donnant aux journalistes la possibilité de faire leur métier en toute liberté et en toute responsabilité. Des structures qui ne donnent pas cette liberté aux journalistes assurent l'inobjectivité. Des structures qui protègent la libre expression de l'informateur permettent l'objectivité sans la garantir absolument.
Les années 2000 et 2010 ont créé des problèmes aux libertés publiques et politiques touchant directement le manque d'éthique et de déontologie dans l'information. À titre d'exemple, le journal Charlie Hebdo.
Science des devoirs, acquis de l'État de droit, la déontologie fait référence à la pratique professionnelle. Elle concerne celles et ceux qui exercent le métier de journaliste avec un certain nombre de repères, de principes. Elle ne consiste pas à définir un quelconque ordre social. L'éthique englobe, implique, prend en compte le rapport avec le lecteur, l'auditeur ou le téléspectateur.
La difficulté d'approche des problèmes déontologiques et éthiques tient à la nature même de la presse, au métier et à la fonction sociale des journalistes. Droits de l'homme et démocratie sont inséparables. Ils se nourrissent l'un l'autre. Le meilleur exemple de ces rapports complexes où se mêlent des considérations politiques, économiques et intellectuelles est celui du droit à la liberté
La liberté, dans ce domaine comme dans bien d'autres, ne peut être satisfaite sans moyens. Elle ne peut se réduire à la capacité de fonder un journal ou au droit d'émettre. Le point de vue du lecteur, de l'auditeur et du téléspectateur se trouve posé. Surgit immédiatement la question du pluralisme, mais aussi celle de la déontologie, au cœur du rapport délicat entre ceux qui transmettent l'information et ceux qui la reçoivent. S'agissant de la presse sous toutes ses formes, le droit et la déontologie doivent prendre racine dans le principe intangible de la communication des idées et de la pensée sans porter atteinte à l'honneur et à la croyance du citoyen.
La question de la déontologie du journaliste est à la fois récurrente et dépendante d'un contexte nouveau, propre à l'explosion des médias, à la triple révolution technologique : satellite, numérique et interactivité. Face à une demande déontologique croissante, il y aura deux manières de répondre: la réglementation sous diverses formes plus ou moins contraignantes, ou bien la responsabilisation individuelle des journalistes et collective des rédactions.
C'est bien entendu vers la seconde option que vont nos préférences. Une démocratie fortement médiatisée exige une plus grande responsabilité des journalistes et doit mettre en place des mécanismes de médiation traitant des litiges entre les journalistes et le public.
La voie est donc étroite vers la recherche d'un progrès qualitatif qui laisse intact le principe de liberté. Si la crédibilité des journalistes est mise en doute, c'est d'abord à la profession elle-même d'engager une réflexion ouverte, sérieuse, avec la société et ses différents acteurs. Le débat sur la déontologie de l'information ne doit impliquer aucune démarche s'apparentant à un quelconque retour en arrière par rapport à la conquête de la liberté de la presse.
La tâche des journalistes est d'autant plus complexe que la communication est venue, depuis quelques années, envahir l'information, souvent se substituer à elle, accentuant le trouble du public. Ainsi, on confond de plus en plus information et communication, spectacle et connaissance, message et idée, réalité et fiction, crédibilité et vérité. Information, fiction et propagande s'entrecroisent. Les frontières s'estompent, au point de compliquer le travail du journaliste qui doit sans cesse distinguer l'acte de communication destiné à l'aider de ce qui vise à l'égarer. Les institutions, toutes les institutions, pratiquent aujourd'hui des méthodes de communication déstabilisantes pour les médiateurs que sont les journalistes, entre ces institutions et l'opinion publique.
Entre le journalisme de révérence, de complaisance, de connivence et la démarche agressive, l'investigation quasi policière, les tentations de l'amalgame, de la dénonciation, entre le journalisme faire-valoir et l'irrespect systématique, il existe un très large espace où le professionnalisme de l'information doit pouvoir s'exercer sans autre contrainte que la rigueur et la recherche de la vérité.
L'absence de légitimité du journaliste ne doit pas effacer le devoir de responsabilité individuelle. De même qu'une réussite commerciale n'est pas incompatible avec le respect des règles déontologiques dans la recherche, le traitement et la diffusion de l'information.

Sylvain THOMAS

Aucune règle, aucune structure ne peut assurer automatiquement l'information complète et impartiale à laquelle le public a droit. Celle-ci reste essentiellement liée à l'action personnelle des journalistes. Le seul rôle des structures et des réglementations est de permettre l'objectivité en donnant aux journalistes la possibilité de faire leur métier en toute liberté et en toute responsabilité. Des structures qui ne donnent pas cette liberté aux journalistes assurent l'inobjectivité. Des structures qui protègent la libre expression de l'informateur permettent l'objectivité sans la garantir absolument.Les années 2000 et 2010 ont créé des problèmes aux libertés publiques et politiques touchant directement le manque d'éthique et de déontologie dans l'information. À titre d'exemple, le journal Charlie Hebdo.Science...
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