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Liban - Sécurité

Les familles des otages envisagent de nouveau l’escalade

Les parents des otages restent déterminés à recourir à l'escalade. La neutralisation des jihadistes de la prison de Roumieh, transférés du bâtiment B au D où ils n'ont plus de contacts avec le monde extérieur, a porté préjudice à la cause de leurs enfants, estiment-ils. Des coupures de routes sont donc prévues aujourd'hui, à moins, disent-ils, qu'ils n'obtiennent des assurances des responsables sur le sort de leurs enfants.

La cellule de crise chargée du dossier des otages a tenu une réunion hier après-midi.

Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, qui s'est rendu hier auprès du chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, a assuré qu'il compte se rendre auprès des familles, au centre-ville, pour leur expliquer les motivations de l'opération de Roumieh. Il n'a cependant pas fixé de date, se contentant de dire qu'il ira « prochainement » les voir.
Pourtant, les familles disent avoir besoin d'assurances. « Les négociations allaient bon train et semblaient positives puisque cheikh Hamzé Homs avait pu se rendre auprès de son fils, détenu par al-Nosra. L'État islamique a également cessé ses menaces et ses pressions. L'État était donc en train de travailler sérieusement sur le dossier. (...) Le timing de cette opération était mauvais. Ce qui nous importe, c'est la sécurité de nos enfants. (...) Nous voulons bien sûr que l'État soit fort, mais qu'il prenne aussi en considération la vie des 26 militaires détenus », a déclaré le porte-parole des familles, Hussein Youssef, à l'agence al-Markaziya
Il s'est dit consterné « parce qu'aucun responsable n'a songé à rassurer les familles ces deux derniers jours ». « Une visite de Nouhad Machnouk pourrait être utile. Nous avons besoin du moindre prétexte pour renoncer à l'escalade », a-t-il poursuivi, avant de dénoncer une légèreté, dernièrement, dans la gestion du dossier des otages « au profit de celui des déchets ménagers ». Hussein Youssef a aussi contesté la visite du directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, à Masnaa, ou encore la participation du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, à la marche républicaine en France, « alors que la vie de nos enfants est de nouveau en danger ».

Réunion de la cellule de crise
Pourtant, le gouvernement planche toujours sur le dossier des otages. En fin d'après-midi hier, le Premier ministre, Tammam Salam, a présidé une réunion de la cellule de crise chargée de suivre les négociations. Celle-ci est composée, comme on le sait, des ministres des Finances, Ali Hassan Khalil, de la Santé, Waël Bou Faour, de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, de la Justice, Achraf Rifi, du général Abbas Ibrahim et du secrétaire général du Conseil supérieur de la défense, Mohammad Kheir. Ses délibérations restent toujours entourées du plus grand secret. On sait seulement qu'il y a eu des décisions qui ont été prises après que les participants eurent passé en revue l'évolution des négociations avec les deux organisations jihadistes.
Le ministre de la Justice devait assurer en soirée, sur le plateau de la MTV, que les pourparlers se poursuivent sérieusement à travers Ahmad Fliti et Moustapha Hojeiri, pendant que l'ancien ministre, Sélim Jreissati, jugeait « inopportune » toute liaison entre une opération sécuritaire d'envergure et le dossier des otages militaires, parce qu'en ce faisant, on risque, selon lui, de voir hypothéquée l'ensemble de la souveraineté libanaise. M. Jreissati a invité les familles des otages à « bien réfléchir avant d'adopter une position négative et maintenir la coordination avec les autorités concernées, sans réagir aux menaces qu'elles reçoivent » d'al-Nosra et de l'État islamique.
Une autre solution serait, selon le député Atef Majdalani et le mufti de la République, Abdellatif Deriane, d'accélérer les procès des jihadistes détenus à Roumieh. Le parlementaire ainsi que son collègue Ahmad Fatfat ont jugé tout aussi nécessaire pour l'État d'affirmer sa présence dans la Békaa, comme il l'avait fait à Roumieh, en y étendant le plan de sécurité qui avait été appliqué à Tripoli.
D'autres, comme le député Walid Succarieh, ont considéré que la descente dans la prison de Roumieh et la neutralisation des jihadistes n'auraient pas eu lieu sans un appui international à la sécurité du Liban. La communauté internationale, a estimé M. Succarieh, « veut empêcher le démembrement et l'effondrement de l'État libanais au profit de la création d'un émirat de l'État islamique au Liban-Nord ».
Pendant ce temps, une délégation comprenant le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, représentant le chef du gouvernement, Tammam Salam, et le député Ahmad Fatfat, représentant le chef du courant du Futur, Saad Hariri, présentait ses condoléances aux familles des victimes du double attentat kamikaze contre un café à Jabal Mohsen. MM. Derbas et Fatfat ont tous deux souligné l'unité de Tripoli face à la menace terroriste.

Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, qui s'est rendu hier auprès du chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, a assuré qu'il compte se rendre auprès des familles, au centre-ville, pour leur expliquer les motivations de l'opération de Roumieh. Il n'a cependant pas fixé de date, se contentant de dire qu'il ira « prochainement » les voir.Pourtant, les familles disent avoir besoin d'assurances. « Les négociations allaient bon train et semblaient positives puisque cheikh Hamzé Homs avait pu se rendre auprès de son fils, détenu par al-Nosra. L'État islamique a également cessé ses menaces et ses pressions. L'État était donc en train de travailler sérieusement sur le dossier. (...) Le timing de cette opération était mauvais. Ce qui nous importe, c'est la sécurité de nos enfants. (...) Nous...
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