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Lifestyle - Pendant Ce Temps, Ailleurs... - Portrait

Reda Kateb : J’essaie de me surprendre et de ne pas vivre dans l’angoisse

L'acteur français d'origine algérienne est inclassable et s'impose des deux côtés de l'Atlantique.

« J’ai la chance de recevoir de bonnes et de mauvaises propositions. Je suis content des rôles que j’accepte », assure Reda Kateb. Kenzo Tribouillard/AFP

Reda Kateb, une gueule à part dans le cinéma français, va rester en haut de l'affiche en 2015, avec la sortie de six films, confirmant l'attrait des réalisateurs français et nord-américains pour cet acteur inclassable. La presse évoque « une fulgurante ascension ». Il préfère l'image « d'une montée en puissance ». « Je ne parlerais pas d'emballement, mais plus d'une évolution dans le temps », déclare le comédien français, voix posée et sourire amical, 38 ans ce mois-ci.
L'année 2015 démarre pour lui avec Loin des hommes, de David Oelhoffen. Reda Kateb occupe l'écran face à la star internationale Viggo Mortensen. Le cinéaste français signe un western crépusculaire dans une Algérie au bord de la guerre d'indépendance. Le film est inspiré d'une nouvelle d'Albert Camus, L'hôte.
La première apparition de Reda Kateb au cinéma, dans un second rôle, ne date que de 2009. Un taulard gitan dans Un prophète de Jacques Audiard. « J'ai eu la chance que ce premier film ait été remarqué à Cannes. Il m'a rendu sinon connu, du moins identifiable par beaucoup de gens du métier, dit-il. Un rythme de travail s'est mis en place, avec des rôles principaux ces deux dernières années. »
Vu comme ça, tout à l'air simple. Pourtant, pendant dix ans, Reda Kateb, loin du physique lisse des jeunes premiers, passe sous le radar des réalisateurs. Après le lycée, le jeune homme, né en France d'une famille immigrée d'Algérie, entame des études de lettres avant de se lancer dans le théâtre sur les traces de son père, l'acteur Malek Kateb, arrivé d'Algérie en 1964 pour monter sur les planches. Son grand-oncle est l'écrivain Kateb Yacine, l'un des auteurs majeurs de la littérature algérienne. « Kateb » signifie « écrivain » et fut donné comme nom aux aïeux de cette famille, des artistes et des poètes qui animaient les fantasias organisées lors de grandes fêtes, explique Reda.
Pour boucler ses fins de mois, le jeune homme aligne les petits boulots : projectionniste, ouvreur, animateur de goûters pour enfants. Avec le « Théâtre du chaos », Il se produit dans des prisons, des écoles, des hôpitaux. « On jouait une pièce puis on improvisait avec les spectateurs, ça a été ma formation. C'était l'occasion de plonger dans des réalités très fortes. » Des expériences sur lesquelles l'acteur, qui fait également ses débuts derrière la caméra, s'appuie encore pour ses rôles à l'écran.
De l'autre côté de l'Atlantique, la réalisatrice américaine Kathryn Bigelow lui fait interpréter Ammar, suspect terroriste torturé par la CIA dans un camp en Jordanie, dans Zero Dark Thirty (2012), un rôle bref mais mémorable. Il vient également de tourner dans le premier film de l'acteur canadien Ryan Gosling, Lost River, qui sortira cette année.
Reda Kateb étonne par la sûreté de ses choix, alors qu'il a été beaucoup sollicité pour des rôles « stéréotypés ». L'acteur dit ne connaître ni lassitude ni sentiment de confort, et tente de « ne pas vivre dans l'angoisse, même si on sait que tout peut s'arrêter. J'essaie de me surprendre et d'aller vers les choses les plus proches du parcours artistique que je privilégie. En fonctionnant ainsi, je me dis que ça ne s'arrêtera pas ».

Frédérique PRIS/AFP

Reda Kateb, une gueule à part dans le cinéma français, va rester en haut de l'affiche en 2015, avec la sortie de six films, confirmant l'attrait des réalisateurs français et nord-américains pour cet acteur inclassable. La presse évoque « une fulgurante ascension ». Il préfère l'image « d'une montée en puissance ». « Je ne parlerais pas d'emballement, mais plus d'une évolution dans le temps », déclare le comédien français, voix posée et sourire amical, 38 ans ce mois-ci.L'année 2015 démarre pour lui avec Loin des hommes, de David Oelhoffen. Reda Kateb occupe l'écran face à la star internationale Viggo Mortensen. Le cinéaste français signe un western crépusculaire dans une Algérie au bord de la guerre d'indépendance. Le film est inspiré d'une nouvelle d'Albert Camus, L'hôte.La première apparition de...
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