On a presque tout dit sur la double tragédie qui a frappé Paris en ce mois de janvier. Le Liban, où de nombreux journalistes ou photographes de presse ont été tués (Gebran Tuéni, Samir Kassir, Salim el-Laouzi, Kamel Mroué, Riad Taha, Édouard Saab, Fabienne Thomas, Georges Sémerdjian, pour ne citer qu'eux) ou blessés (May Chidiac, « martyre vivante » au courage exemplaire), a payé très cher le prix de la liberté d'expression : c'est donc tout naturellement qu'il soutient la France, l'amie de toujours, la fille des Lumières, dans l'épreuve douloureuse qu'elle traverse aujourd'hui. Au même moment, l'attentat-suicide de Tripoli, qui a coûté la vie à de paisibles citoyens attablés dans un café au cœur de l'un des quartiers les plus défavorisés du Liban-Nord, est venu rappeler que le terrorisme n'a pas de frontières et que l'obscurantisme, qui a frappé l'Amérique un certain 11 septembre, est celui-là même qui sévit aujourd'hui au pays du Cèdre, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan ou en Afrique... À cette violence aveugle, le peuple français a répondu de manière digne et responsable par la marche du 11 janvier 2015. Spectacle rare : unis dans la douleur, musulmans, chrétiens, juifs et athées ont défilé côte à côte pour exorciser les démons de la discorde. À la liberté de dire, à l'égalité devant la mort, ils ont ajouté la fraternité contre la haine. « Vous êtes nés ensemble, et ensemble vous serez pour toujours. » On aurait cru entendre, en admirant cette formidable chaîne humaine, le Prophète de Gibran...
Dans un discours prononcé au lendemain des massacres, le président François Hollande a déclaré qu'il fallait se montrer « implacable » à l'égard des extrémistes et des racistes. Implacable, oui, et lucide. Frapper d'une main de fer tous ceux qui menaceraient l'ordre public, mettre un terme au laxisme en matière d'immigration, neutraliser les candidats au jihad, mais ne pas céder aux amalgames, ne pas faire le lit des islamophobes qui prolifèrent, comme les « rhinocéros » de la fameuse pièce d'Eugène Ionesco, dans la plupart des pays européens. Car c'est le jour où l'intolérance fera éclater le vivre-ensemble que les assassins de Charlie Hebdo auront gagné.
Alexandre NAJJAR


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
"L'attentat-suicide de Tripoli est venu rappeler que le terrorisme n'a pas de frontières et que l'obscurantisme, qui a frappé l'Amérique un certain 11 septembre, est celui-là même qui sévit au pays du Cèdre, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan ou en Afrique.... Sans oublier, mahééék, la Bulgarie, l'Argentine et puis la France des années 80. (Anis Naccache, Georges Ibrahim Abdallah etc.), n'est-ce pas ? !
04 h 42, le 13 janvier 2015