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Économie

Croissance française : qui va gagner le match ?

Le PIB réel français a progressé de 0,4 % en 2012, en 2013 et devrait croître au même rythme en 2014. Pour la première fois depuis 2007, la croissance française aura été inférieure l'an dernier à celle du reste de la zone euro (≈1 %).
Cette sous-performance a selon nous toutes les chances de se prolonger en 2015. La France résiste généralement mieux que ses voisins durant les récessions, comme en 2009 ou en 2012, pour des raisons qui constituent autant de handicaps en phase de reprise. D'une part, son système de transferts sociaux est plus développé que celui de ses voisins. Cela permet d'amortir le choc sur le revenu des ménages durant les crises (hausse du chômage) mais l'amortisseur contracyclique a un coût qui est devenu prohibitif. À 58 % du PIB, le poids des dépenses publiques est tel qu'il implique, si l'on veut limiter le dérapage du déficit budgétaire, d'alourdir la pression fiscale. Depuis 2011, les hausses d'impôts ont pressuré le revenu disponible des ménages et la demande intérieure. Les baisses de charges qui entrent enfin en application ne font que « rendre » aux entreprises le surcroît de taxe qu'elles ont dû acquitter, mais, dans l'intervalle, leur profitabilité a baissé. D'autre part, la France est moins bien intégrée dans l'économie mondiale que plusieurs de ses voisins, et en particulier l'Allemagne. En France, la part des exportations dans le PIB réel ne dépasse pas 30 % contre près de 50 % en Allemagne. Même si le commerce mondial n'a plus le dynamisme qu'on connaissait avant 2007, cela reste un moteur de reprise économique quand on ajuste sérieusement les coûts de production pour les rendre compétitifs. Le cas de l'Espagne est emblématique de ce genre d'ajustement.
Au total, le sort de l'économie française en 2015 se réduit à un « match » entre des facteurs exogènes tous plus favorables qu'il y a quelques mois (euro, taux d'intérêt, pétrole) et des facteurs domestiques toujours aussi handicapants (poids de la dépense publique et coût du travail). Les premiers ont semble-t-il un léger avantage.

 

Le PIB réel français a progressé de 0,4 % en 2012, en 2013 et devrait croître au même rythme en 2014. Pour la première fois depuis 2007, la croissance française aura été inférieure l'an dernier à celle du reste de la zone euro (≈1 %).Cette sous-performance a selon nous toutes les chances de se prolonger en 2015. La France résiste généralement mieux que ses voisins durant les récessions, comme en 2009 ou en 2012, pour des raisons qui constituent autant de handicaps en phase de reprise. D'une part, son système de transferts sociaux est plus développé que celui de ses voisins. Cela permet d'amortir le choc sur le revenu des ménages durant les crises (hausse du chômage) mais l'amortisseur contracyclique a un coût qui est devenu prohibitif. À 58 % du PIB, le poids des dépenses publiques est tel qu'il...
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