Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Sylvio Le Blanc

Indépendance et richesse

Les Catalans occupent le territoire le plus riche d'Espagne. C'est depuis la crise de 2008 que le mouvement séparatiste a fait des progrès chez eux, fatigués qu'ils sont de porter à bout de bras les autres Espagnols.
C'est depuis que l'Écosse a découvert des champs pétrolifères au large de ses côtes que le mouvement séparatiste y a fait des progrès. Les 5,3 millions d'Écossais aimeraient bien pouvoir profiter seuls de cette manne, alors que ce sont les 65 millions de Britanniques qui en profitent actuellement.
Si Terre-Neuve-et-Labrador n'avait pas pu profiter pleinement des champs pétrolifères au large de ses côtes, elle aurait sûrement voulu recouvrer le statut qui était le sien avant 1949. Le pétrole l'a sortie de la pauvreté. Elle n'est plus récipiendaire de la péréquation depuis 2008-2009 ; au contraire, elle y contribue.
En 2015-2016, Québec recevra d'Ottawa 20,4 milliards de dollars en paiements de transfert aux provinces, dont 9,5 milliards en péréquation, soit 54,5 % de l'enveloppe fédérale à ce dernier chapitre. En 2008-2009, c'était presque 60 %. Comment parler d'indépendance dans ces conditions ? Les indépendantistes de cœur ne dépassent pas 40 % des Québécois. Avec l'arrivée à chaque année d'environ 50 000 émigrés, ce pourcentage ne fera que décroître. Pour atteindre plus de 50 % des voix lors d'un éventuel référendum, il faudra le concours des rationnels (les indépendantistes de « tête ») ; bref, il faudra parler argent.
Une fois qu'il sera à la tête du Parti québécois, si Pierre Karl Péladeau se cherche une raison pour ne pas faire de référendum, elle est toute trouvée. Le Québec en fera un le jour où il ne sera plus admissible au programme de péréquation, à l'instar de l'Alberta, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador. Les Québécois qui le craignent comme la peste pourront alors dormir sur leurs deux oreilles aux élections car ce n'est pas demain la veille...
Soyons patients. Qui sait si, dans quelques décennies, lorsque les puits de pétrole seront à sec (et les baby-boomers dans un monde meilleur), la crise environnementale aidant, le Québec, avec ses barrages hydroélectriques et ses éoliennes, deviendra la province la plus riche du Canada ? Les Québécois auront alors le gros bout du bâton.

Sylvio Le BLANC
Montréal (Québec)

Les Catalans occupent le territoire le plus riche d'Espagne. C'est depuis la crise de 2008 que le mouvement séparatiste a fait des progrès chez eux, fatigués qu'ils sont de porter à bout de bras les autres Espagnols.C'est depuis que l'Écosse a découvert des champs pétrolifères au large de ses côtes que le mouvement séparatiste y a fait des progrès. Les 5,3 millions d'Écossais aimeraient bien pouvoir profiter seuls de cette manne, alors que ce sont les 65 millions de Britanniques qui en profitent actuellement.Si Terre-Neuve-et-Labrador n'avait pas pu profiter pleinement des champs pétrolifères au large de ses côtes, elle aurait sûrement voulu recouvrer le statut qui était le sien avant 1949. Le pétrole l'a sortie de la pauvreté. Elle n'est plus récipiendaire de la péréquation depuis 2008-2009 ; au contraire, elle y...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut