Le Dr Rabih Hassouna au cours de sa conférence de presse. Photo Michel Sayegh
Le président de l'ordre des pharmaciens, Rabih Hassouna, a mis en garde contre les répercussions des autorisations accordées pour l'ouverture de nouvelles facultés de pharmacie qui, selon lui, mettent la santé du citoyen en péril et « mènent les jeunes vers un avenir incertain ».
Le Dr Hassouna a appelé, dans une conférence de presse tenue hier, à « reconsidérer ce projet ». « Nous ne comprenons pas les raisons pour lesquelles d'aucuns insistent à délivrer des permis pour l'ouverture de nouvelles facultés de pharmacie, d'autant que les autorités concernées se sont prononcées contre ce projet qui constitue un danger pour la santé », a-t-il ajouté.
Répondant aux arguments selon lesquels une telle démarche est susceptible de diminuer le nombre des jeunes étudiants qui poursuivent leurs études à l'étranger, le Dr Hassouna a affirmé que « seuls 5 à 10 % des pharmaciens poursuivent leurs études à l'étranger ». « Cela est une preuve que les facultés de pharmacie assurent une autosuffisance », a-t-il insisté. Il a en outre expliqué que près de 200 pharmaciens travaillent à l'étranger, « sachant que sur les 7 500 pharmaciens, 2 000 se trouvent au chômage au Liban ». « Si on pouvait leur trouver des opportunités de travail avant même de penser à ouvrir de nouvelles facultés », a-t-il noté, affirmant que « la moitié des pharmacies du Liban sont en deçà du niveau requis » et que plus de « 600 pharmaciens cliniciens n'exercent pas leur spécialisation, parce qu'elle n'est pas autorisée au Liban contrairement à d'autres pays du monde ». « Il serait mieux de commencer par accorder des permis à ces spécialisations au lieu d'aggraver le problème », a encore avancé le Dr Hassouna.
Le président de l'ordre a en outre fait remarquer que l'orientation des jeunes commence par « la promulgation de loi et l'élaboration de critères transparents pour que le citoyen puisse choisir son avenir ». Insistant sur la nécessité de moderniser les lois, notamment en ce qui concerne des professions en constante évolution, le Dr Hassouna a affirmé que les permis pour de nouvelles facultés de médecine « favoriseront la compétition » et faciliteront le trafic des médicaments et la vente de produits falsifiés.
Et de conclure en assurant que l'ordre entamera une action dans le but de défendre la profession.


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