Le gouvernement saoudien doit composer avec la chute des cours du pétrole dans la prévision de son budget pour l’année 2015. Photo AFP
L'Arabie saoudite, premier pays exportateur mondial de pétrole, a pris en compte la dégringolade des cours du brut en prévoyant un déficit de 38,6 milliards de dollars pour son budget 2015. C'est le déficit le plus important jamais prévu par le royaume saoudien dont le budget prévisionnel a toujours été a minima à l'équilibre depuis 2011.
Au cours d'une réunion extraordinaire tenue jeudi, le gouvernement s'est entendu sur un budget traduisant une baisse sensible des recettes (- 16 % à 190,7 milliards de dollars) par rapport au budget prévisionnel de 2014, tandis que les dépenses continuent d'augmenter légèrement (+ 0,6 % à 229,3 milliards de dollars).
Ce recul des recettes est lié à la chute des cours du pétrole, qui ont perdu environ la moitié de leur valeur depuis la mi-juin sur fond de surabondance de l'offre, de ralentissement de la demande mondiale sur le pétrole et de dollar fort.
Le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Nouaïmi a répété cette semaine que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) n'allait pas réduire sa production, même si les prix du brut tombent à 20 dollars le baril.
« Que ça descende à 20, 40, 50 ou 60 dollars, il n'est pas pertinent » de réduire l'offre, a-t-il ajouté en réitérant son intransigeance à défendre la part de marché de son pays face notamment à l'essor du pétrole de schiste américain.
Prédisant une nouvelle année « difficile », l'analyste saoudien Abdelwahab Abou-Dahech a estimé, pour sa part, que « le déficit réel sera d'environ 200 milliards de riyals (53 milliards de dollars) car les revenus réels devraient être inférieurs aux estimations ».
« Les dépenses dans le budget ne sont pas conformes avec la forte baisse des prix du pétrole », a-t-il dit à l'AFP.
Le budget 2014 également en déficit
Il est également possible que le royaume connaisse un déficit budgétaire dès 2014 : selon des statistiques préliminaires du ministère des Finances, le budget 2014, prévu initialement à l'équilibre, pourrait connaître un déficit réel de 54 milliards de riyals (14,4 milliards USD) en fin d'exercice.
Si les prix du pétrole restaient à leur niveau actuel, autour de 60 dollars le baril pour le Brent, le royaume devrait perdre la moitié de ses revenus qui étaient de 276 milliards de dollars en 2013. Le ministre des Finances Ibrahim al-Assaf a pourtant affirmé la semaine dernière que Riyad allait maintenir un rythme élevé de dépenses pour les projets de développement grâce à la manne pétrolière des dernières années qui lui donne « des lignes de défense pour les années de vaches maigres ».
Le royaume, qui pompe quelque 9,6 millions de barils par jour (mbj), peut en effet puiser dans des réserves estimées à 750 milliards de dollars.
Le roi a d'ailleurs autorisé le ministère des Finances à puiser « dans les réserves » ou à recourir à l'emprunt sur le marché pour pallier le déficit budgétaire.
Dans son communiqué, le gouvernement souligne qu'il va continuer à financer « les projets et programmes de développement de l'éducation et de la santé et les services sociaux », et à « créer davantage d'emplois pour les citoyens ».


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