Jana Younès, majestueuse, lors de la finale de « So you can think you can dance ».
Elle pense qu'il n'est pas loin le jour où les compositeurs écriront leurs mélodies à partir des figures de danse créées par les chorégraphes et non le contraire. Elle estime également qu'un danseur doit acquérir de bonnes connaissances artistiques et culturelles, en musique, en peinture, dans le domaine de la danse, du théâtre, de l'art dramatique, et ne pas se contenter de ses prouesses corporelles. Lorsqu'elle parle de la danse, Jana Younès, jeune diplômée en audiovisuel de l'Iesav et l'une des quatre finalistes de la compétition de danse panarabe So you think you can dance diffusée cet automne sur la chaîne libanaise MTV, s'anime, son regard s'illumine et on n'a aucune envie de l'interrompre. « Lorsque je danse, je réussis à me couper complètement de tout ce qui m'entoure. Je me concentre sur les mouvements de mon corps. J'entends les battements de mon cœur. C'est un sentiment indescriptible », dit-elle.
Orenda, son court-métrage – premier film étudiant de danse au Liban –, a reçu, il y a quelques jours, une mention spéciale du jury du Festival de cinéma européen. Jana y aborde avec beaucoup de sensibilité le thème de la mort et peint le combat que mène un couple contre le temps et la séparation. Une histoire commune et poignante qu'elle choisit de raconter à travers la danse, sa passion depuis l'enfance. La jeune artiste campe brillamment le rôle de la femme face au danseur Pierre Khadra, également finaliste de la compétition So you think you can dance.
« Orenda désigne pour les Amérindiens une force spirituelle surnaturelle présente dans tout être humain, qui lui permet de s'accomplir et de se réaliser pleinement. Pour moi, c'est une énergie intérieure qui me fait avancer », précise la jeune femme de 23 ans en évoquant sa récente participation à la compétition de danse télévisée, qu'elle qualifie de « rigoureuse », « constructive » et « fort marquante ». Cette ambitieuse s'est entraînée d'arrache-pied, « jusqu'à dix heures par jour les dernières semaines », et a fait de grands progrès. « Nous avons été testés sur notre habileté en danse, mais également sur notre adaptabilité – changement de partenaire –, notre vitesse d'apprentissage des différents styles de danse : salsa, danse de salon, danse de rue, danse contemporaine, jazz, etc., et certainement sur notre endurance », indique-t-elle, avant d'expliquer, montrant ainsi la grande détermination qui l'anime : « Je me suis blessée à plusieurs reprises, mais cela ne m'a pas empêchée de poursuivre la compétition. » Et d'ajouter en citant Picasso : « Si l'on sait exactement ce qu'on va faire, à quoi bon le faire? Avant de me lancer dans cette aventure, je n'avais aucune idée où elle allait me mener et j'en suis sortie enrichie, convaincue que le chemin est aussi important que la destination. Même sur le plan personnel, mon père était réticent à me voir danser, et si le début était incertain, la fin était mieux que dans mon imagination. »
Et de conclure, en exprimant l'espoir de voir se réaliser une grande production qui réunirait de jeunes talents du monde arabe : « C'est le moment de partager notre passion pour la danse et de célébrer notre amour pour l'art et pour la vie. »
Pour mémoire
Une jeune Libanaise collectionne les prix internationaux

