Rechercher
Rechercher

Liban - L’Éclairage

La mission de Girault à Beyrouth reflète le climat de détente dans la région

La visite à Beyrouth du directeur du département du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord au Quai d'Orsay, Jean-François Girault, et les propos qu'il a tenus devant ses interlocuteurs libanais ont été ces deux derniers jours au cœur des préoccupations des divers milieux politiques qui y ont vu un reflet de l'évolution de la situation diplomatique globale dans la région. Celle-ci s'oriente de plus en plus vers un rejet de la violence et des conflits armés, et un recours au dialogue et à la négociation pour régler les crises.
Il convient de préciser que M. Girault, qui est en charge du dossier de la crise présidentielle au Liban, n'est pas né de la dernière pluie. Il a occupé dans le passé des fonctions diplomatiques en Syrie et c'est lui qui, en 2008, a été l'architecte de l'ouverture de la France de Nicolas Sarkozy sur Damas. À l'époque, il avait déjà obtenu du régime syrien qu'il facilite l'élection cette année-là du président de la République libanaise, après une vacance de huit mois.
De façon immédiate, et d'après des sources proches du Grand Sérail, les discussions que M. Girault a eues lundi avec Tammam Salam ont permis d'éclaircir nombre de questions qui restaient confuses dans l'esprit du Premier ministre, ce qui va faciliter les entretiens que ce dernier doit avoir à Paris où il se rend aujourd'hui mercredi. Au cours de son séjour, M. Salam doit être notamment reçu par le président François Hollande et par son homologue, Manuel Valls.
À présent que l'esprit de pacification domine dans la région, la visite du chef du gouvernement en France pourrait être l'occasion de remettre sur le tapis la question de la « libanisation » de l'échéance présidentielle, d'autant plus que les parties régionales concernées, et en particulier l'Iran et l'Arabie saoudite, s'y déclarent favorables.
En tout état de cause, on s'attend d'ores et déjà à ce que ce climat de pacification redonne vie quelque peu à l'activité politique interne au Liban et c'est dans ce contexte qu'il convient d'envisager la perspective du dialogue prévu entre le courant du Futur et le Hezbollah. Ce dialogue pourrait commencer en janvier après un accord définitif sur un certain nombre de points concrets, à savoir le lieu des rencontres, l'identité des négociateurs et l'ordre de priorité des thèmes à discuter.
Il est donc clair que le timing de cette prise de contact entre sunnites et chiites reflète un climat général de détente dans la région. Pour un diplomate occidental, il est évident que sans ce climat, jamais les états-majors du Futur et du Hezbollah n'auraient envisagé ce dialogue. Et selon lui, c'est bien la raison pour laquelle ce dialogue finira par conduire à l'élection d'un président de la République.
Pour accompagner ce mouvement, Bkerké a décidé de s'activer de son côté. Il fallait en effet que les choses bougent du côté chrétien dans la mesure où il était impensable de confiner le sort de la présidentielle à des discussions entre deux interlocuteurs musulmans, les leaderships politiques chrétiens étant paralysés par leur désaccord et leur incapacité, jusqu'ici, à s'entendre sur des candidats de compromis.
Une source ministérielle indique à ce sujet que le patriarche a entamé des démarches pour inviter les leaders maronites à Bkerké en vue de se réunir avec eux séparément et tenter de dégager des dénominateurs communs.
Des sources diplomatiques croient savoir que le dialogue pourrait, dès le début de 2015 et avec le soutien international, s'élargir à toutes les composantes libanaises et mener à un package deal global comprenant la présidentielle, un gouvernement d'union nationale, une loi électorale et des législatives, le tout selon un calendrier élaboré à l'avance.

La visite à Beyrouth du directeur du département du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord au Quai d'Orsay, Jean-François Girault, et les propos qu'il a tenus devant ses interlocuteurs libanais ont été ces deux derniers jours au cœur des préoccupations des divers milieux politiques qui y ont vu un reflet de l'évolution de la situation diplomatique globale dans la région. Celle-ci s'oriente de plus en plus vers un rejet de la violence et des conflits armés, et un recours au dialogue et à la négociation pour régler les crises.Il convient de préciser que M. Girault, qui est en charge du dossier de la crise présidentielle au Liban, n'est pas né de la dernière pluie. Il a occupé dans le passé des fonctions diplomatiques en Syrie et c'est lui qui, en 2008, a été l'architecte de l'ouverture de la France de Nicolas Sarkozy sur...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut