Le dialogue Future-Hezbollah me fait penser à la physique quantique, la théorie des quantas, logique trivalente conçue pour résoudre certains problèmes rencontrés par la «physio-chimie» quantique. Inspiré par cette logique, ce forum politique doit se donner comme objectif de rétablir la paix, la réconciliation et la solidarité entre les Libanais qui s'étaient durement affrontés au cours des conflits récents et en cours, même si les avancées économiques, sociales et culturelles sont lentes et qu'un long chemin reste à parcourir.
Les formations politiques concernées n'ont-elles pas le devoir de prendre des initiatives pour mettre en lumière les problèmes de l'heure et définir les solutions nécessaires? N'est-il pas utile de réévaluer le sens de la nation dans le cadre du renforcement de la démocratie pluraliste et de la prééminence du droit, curseurs de la protection des droits sociaux des gens?
Il est également urgent d'accepter le champ de compétence de l'État, la vocation des régions à équilibrer les pouvoirs, à surmonter la distance entre les institutions et les opinions publiques, de faire émerger un pouvoir politique à hauteur des défis à relever, en suscitant la participation active de tous les Libanais, des jeunes en particulier et, de ce fait, se donner une plus grande légitimité démocratique.
Pour que les Libanais deviennent capables de discernement idéologique, il semble nécessaire qu'existe un dialogue dans des lieux où les formations politiques aux options stratégiques opposées puissent se rencontrer et s'exprimer sur les problèmes concrets dont les enjeux sont fondamentaux pour les citoyens. L'objectif étant de maîtriser la pulsion mystérieuse qui pousse les Libanais à se tirer dessus.
Sans doute vivons-nous une rupture avec des visions passées du politique faisant à tort de certains acteurs ou appareils politiques les détenteurs absolus du pouvoir de dire et de faire, réduisant les autres à de simples auxiliaires ou collaborateurs et rien d'autre.
Pour ce qui le concerne, le spirituel dans notre pays n'a pas vocation à se substituer au politique, sa nature est d'un autre ordre. Par contre, les valeurs spirituelles ne constituent-elles pas un appui sérieux à l'instauration de la paix et de la justice, et à la défense de la dignité de l'homme! La politique qui perd le sens spirituel de l'engagement s'expose soit à l'affadissement, soit à la démesure.
Charles AZAR


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