Le Conseil des ministres, réuni hier au Sérail sous la présidence de Tammam Salam.
C'est dans une atmosphère de calme, tranchant avec le caractère dramatique des événements de ces derniers jours, que le Conseil des ministres a tenu hier sa réunion hebdomadaire au Sérail, sous la présidence du Premier ministre Tammam Salam, en l'absence des ministres Michel Pharaon et Élias Bou Saab, qui se trouvent à l'étranger.
La réunion, qui a duré près de quatre heures, a évité, à la demande expresse de M. Salam, d'aborder des questions susceptibles d'en assombrir le climat. Cela n'a pas empêché, cependant, une petite explication entre les ministres du Travail, Sejaan Azzi, et de la Santé, Waël Bou Faour, concernant la question des otages et des perspectives de négociations avec les ravisseurs. Explication qui, du reste, s'est rapidement terminée sur le ton de la plaisanterie, conformément à la volonté du Premier ministre.
En début de séance, M. Salam a assuré que la cellule de crise poursuit son travail sur le dossier des militaires otages, soulignant que cette affaire devrait être gérée « de manière secrète et responsable ». Il a par ailleurs indiqué que « la couverture médiatique, telle qu'elle est effectuée, n'est pas en train de contribuer à une solution pour assurer la libération des militaires ».
Le Premier ministre a également évoqué l'agression contre l'armée à Ras Baalbeck, qui avait fait six tués et plusieurs blessés. « L'armée paie toujours le tribut de la défense de la patrie », a-t-il noté, présentant ses condoléances, au nom du Conseil des ministres, à l'armée et aux familles des victimes.
Tammam Salam a en outre souligné, comme à chaque fois, la nécessité de l'élection d'un président de la République dans les plus brefs délais. « Le maintien de la vacance présidentielle se répercute négativement sur l'ensemble des institutions constitutionnelles, qui sont privées de leur tête et du symbole de l'unité du pays », a-t-il ajouté.
Il a enfin exposé les résultats de sa visite à Bruxelles, au siège de l'Union européenne.
Après la discussion de l'ordre du jour, le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, a posé le problème de la suspension du programme d'aide alimentaire de l'Onu (Pam) pour 1,7 million de réfugiés syriens, qui fait craindre une crise humanitaire majeure en plein hiver et pourrait avoir des répercussions sur le Liban, sa sécurité et sa stabilité. M. Salam a souligné, dans ce cadre, qu'il entreprendra dans les prochains jours des contacts au plus haut niveau pour trouver une solution rapide à ce problème.
En marge de la séance, le ministre de l'Environnement, Mohammad Machnouk, et le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, ont adopté des positions antinomiques concernant la fermeture du dépotoir de Naamé. M. Chehayeb a ainsi réitéré sa position de principe selon laquelle le dépotoir doit être définitivement fermé le 17 janvier, tandis que M. Machnouk a estimé que le dossier pouvait attendre quelques mois supplémentaires en attendant une solution viable au problème.


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