Avec un score de 27, le Liban se retrouve au bas de l’échelle aux côtés du Cameroun, de l’Iran, du Nigeria ou encore de la Russie.
Le Liban, une nouvelle fois, fait pâle figure en matière de corruption, se plaçant à la 136e position, sur 178 pays, dans le rapport annuel de Transparency International publié mercredi. L'année dernière, le Liban était classé 127e sur 177 pays.
Conscient qu'il est impossible de mesurer la corruption puisque cette dernière est illégale et dissimulée, Transparency, pour établir son indice, rassemble des avis d'experts au sein d'organisations telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la fondation allemande Bertelsmann. Le bas de l'indice, zéro, est attribué aux pays perçus comme « extrêmement corrompus » et le haut, 100, aux pays considérés comme « extrêmement intègres ».
Avec un score de 27 (28 l'année dernière), le Liban se retrouve donc au bas de l'échelle aux côtés du Cameroun, de l'Iran, du Nigeria ou encore de la Russie. En ce qui concerne la région Moyen-Orient/Afrique du Nord, là encore le Liban se trouve au bas de l'échelle, se plaçant 13e sur 19 pays. Au sommet de ce classement régional figurent les Emirats arabes unis et à la fin le Soudan du Sud.
Pour la Turquie, Transparency souligne que « la perception générale de la corruption » dans le pays a « considérablement augmenté », notamment en raison « d'une série d'investigations et d'inculpations pour corruption visant des personnes proches du gouvernement ». Le fait que des « journalistes critiques envers le régime » aient été « persécutés » et « arrêtés » a contribué à détériorer l'image du pays.
La corruption est également un problème important dans d'autres économies émergentes, poursuit le rapport, qui cite le Brésil (69e, 43 points) et les soupçons pesant sur la corruption de son personnel politique par les compagnies pétrolières.
L'Inde (85e, 38 points) est également pointée du doigt par Transparency qui y dénonce le recours à des comptes bancaires installés dans des paradis fiscaux comme l'île Maurice. Les investissements de riches citoyens russes à Chypre attirent aussi l'attention de l'organisation, qui place leur pays à une modeste 136e place (27 points).
« Les économies à croissance rapide dont les gouvernements refusent d'être transparents (...) créent une culture de l'impunité dans laquelle la corruption prospère », a souligné José Ugaz, juriste et président de Transparency International. Mais pour l'organisation, la corruption est un phénomène qui concerne « toutes les économies ». « Plus des deux tiers » des pays étudiés atteignent d'ailleurs un score inférieur à 50. Le résultat moyen est de 43. À cet égard, l'ONG insiste sur le nécessaire travail que doivent faire les « grands centres financiers dans l'Union européenne et aux États-Unis ».
Transparency International estime que les multinationales du secteur bancaire et les grandes places financières pourraient faire plus pour éviter que certaines élites douteuses dans les pays émergents ne trouvent avec leur aide tacite les moyens de blanchir leur argent mal acquis. « Presque tous les scandales bancaires liés au blanchiment ne se produisent plus seulement dans de petites îles qui sont des paradis fiscaux, mais concernent également des fonds douteux, corrompus, qui atterrissent dans des lieux comme Londres, New York ou Francfort », souligne ainsi Robin Hodess, directeur de recherche chez Transparency.


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